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Malaise chez les francs-maçons orléanais

by Tribune
Catégories: société
 Quand la riche et puissante Grande Loge nationale française (GLNF) – deuxième obédience maçonnique du pays avec ses 42 000 initiés revendiqués et son implantation privilégiée dans les milieux économiques – tousse, c’est toute la...

Quand la riche et puissante Grande Loge nationale française (GLNF) – deuxième obédience maçonnique du pays avec ses 42 000 initiés revendiqués et son implantation privilégiée dans les milieux économiques – tousse, c’est toute la maçonnerie qui s’enrhume. Et à Orléans, ville aux discrètes mais réelles influences maçonnes, la dissolution de la Province du Val de Loire (55 loges et 1400 initiés) assortie de la mise en sommeil de sept loges tourangelles à la suite d’une sanction décidée par François Stifani, Grand maître de la Grande Loge nationale française – et avocat de profession - a stupéfait les maçons, leurs amis et a fait naître un embarras. A Orléans, la GLNF – plusieurs centaines d’initiés revendiqués - dispose de quelques bastions : tribunal de commerce, magistrature, grandes entreprises, syndicats patronaux et restaurateurs... Et tout cela finit par faire du bruit. Jamais dans l’histoire de la GLNF, une décision de cette gravité n’avait été prise. C’est que le mouvement de fronde qui traverse la GLNF trouve des échos dans la presse et sur Internet avec des opposants qui s’expriment sur un blog «le myosotis ligérien». La GLNF est entrée en ébullition et les maçons - toutes obédiences confondues - n’aiment guère étaler leurs querelles de famille au grand jour. Au risque de soulever des sentiments contradictoires dans l’opinion publique. Au Grand Orient de France (laïc et plutôt à gauche), quatre loges à Orléans et 250 initiés revendiqués, le malaise est là. «Bien sûr, cela n’est pas notre problème mais cela donne une mauvaise image de la maçonnerie. Il ne faudrait pas qu’il y ait amalgame alors qu’il y a toujours des gens pour dénoncer d’obscurs complots et des ententes occultes», convient Avelino Vallé, militant de gauche et ancien Grand secrétaire aux affaires extérieures du GODF… «Je suis entré dans un ordre initiatique pas chez Cosa Nostra», grognait récemment un maçon de la GLNF. La fronde ouverte par quelques Grands Maîtres provinciaux à l’encontre de François Stifani est violente et profonde ! Le 5 mars dernier, le Grand Maître de la GLNF élu en 2007 pour un mandat de trois ans faisait adopter par le Souverain Grand Comité une modification des statuts qui l’autorisait à rester en place deux années de plus… Depuis son élection en 2007 contre la volonté de Jean Murat, maçon influent et professeur de médecine du CHU de Tours, François Stifani est la cible des critiques. L’homme veut faire de la GLNF la première obédience de France en nombre d’initiés. Il utilise la puissance financière de la GLNF (budget annoncé 16 millions d’euros), augmente le montant des cotisations… De quoi froisser bien des maçons qui voient d’un mauvais oeil des sommes importantes investies en frais de représentation pour servir le rayonnement de la GLNF. Le mouvement de «révolte» est parti de Touraine, vieille terre de tradition maçonnique. Accusé d’autoritarisme en termes très violents et en contradiction avec les règles et les coutumes maçonniques, le Grand Maître a «démissionné» le responsable de la Province du Val-de-Loire pour le remplacer par Christophe Corre, un garagiste du Loiret, qui s’est tout de suite avéré incapable d’apaiser la bourrasque qui couvait sous les tabliers. D’où la dissolution «administrative» de la province. De quoi se donner le temps de rebâtir une nouvelle hiérarchie sans pour autant suspendre le travail des loges. «Il faut comprendre », explique un Grand officier national membre de la GLNF, qui tient à garder l’anonymat, «entrer à la GLNF, c’est entrer dans un ordre initiatique. Le pouvoir vient d’en haut. Nous ne sommes pas là pour voter. Notre obédience n’a rien de démocratique. Si l’on ne respecte pas la règle, c’est comme en sport, il y a une sanction». Les «dissidents» des loges mises en sommeil qui avaient menacé de faire sécession proposent même de vouloir importer au sein de la GLNF les usages «démocratiques» en vigueur au sein du Grand Orient où les loges sont des associations indépendantes et tous les responsables désignés par le biais d’un processus électif. Hérésie suprême. «La position de la GLNF n’a pas varié d’un iota depuis 100 ans», analyse Jean-Paul Dupinay, Grand secrétaire de l’ordre. «Nous affirmons la croyance en Dieu, grand architecte de l’univers et notre mode d’organisation est pyramidal, les Grandes Loges régulières de tous les Etats, et notamment celles des pays anglosaxons fonctionnent sur le même système. Notre seule préoccupation est d’offrir à chaque frère une voie de réalisation morale et spirituelle personnelle grâce au travail symbolique mené en fraternité au sein de chaque loge». Et les quelque 600 maçons de l’Orléanais de prier pour que le calme revienne dans les têtes et sous les tabliers.
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