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Le fret ferroviaire n'est plus adapté aux entreprises

by Tribune
Catégories: économie
 Le fret ferroviaire décline autour d'Orléans. Manque de fiabilité, lenteur, coût trop élevé... Aujourd'hui, les entreprises de l'agglo qui l'utilisent se comptent sur les doigts de la main en raison d'un manque de compétitivité. Un paradoxe à ...

Le fret ferroviaire décline autour d'Orléans. Manque de fiabilité, lenteur, coût trop élevé... Aujourd'hui, les entreprises de l'agglo qui l'utilisent se comptent sur les doigts de la main en raison d'un manque de compétitivité. Un paradoxe à l'heure où tout le monde parle du développement durable ! Et pourtant le gouvernement a annoncé miseptembre un investissement de 7 milliards d’euros d’ici 2020 pour redresser le secteur, en concurrence directe avec la route. Depuis que “Fret SNCF” est soumise à la concurrence, en avril 2006, les données relatives à l'état du trafic sont tenues confidentielles. RFF, chargé de l'entretien des 400 kilomètres du réseau régional (sur environ 600km mais 200km ne sont plus en activité), estime cependant qu'en 2008, 20 millions de tonnes de marchandises ont transité via Fleury-les-Aubrais et 850 000 tonnes sur le réseau Orléans-Pithiviers-Voves- Chateauneuf. 80% de céréales, 10% de granulats et 10% de bois et autres marchandises... «Avec les plans successifs, une soixantaine de gares ont fermé aux wagons isolés en 2008 et le trafic s’est reporté sur la route», insiste Florence Dumond, secrétaire du comité d’établissement des cheminots de la région à la SNCF. «90% des transports massifs dans la région ne concernent plus que les coopératives céréalières», qui disposent de silos embranchés. Une proportion contestée par les coopératives qui estiment représenter 50% du fret ferroviaire. Dans d’agglo d’Orléans, depuis 20 ans, la gare de triage de Fleury-les-Aubrais perd de la vitesse. Seuls quelques emplois sont encore conservés, selon Sébastien Nugou, secrétaire de la section CGT cheminots de Fleury.

«La gare est morte», déplore Michel Guérin, maire (PCF) de Saran et ancien conducteur de train. «Dans les années 1970, 2 000 wagons y étaient triés chaque jour, aujourd'hui c'est proche du niveau zéro alors qu'il y a de grandes possibilités !» Et de critiquer la volonté politique, notamment du Conseil général avec la construction de l'A19, favorisant le «tout camion» depuis trente ans. Le groupement Orléans Sud Enrobés est le seul à utiliser l’embranchement de la zone d’activités de La Saussaye à St-Cyr-en-Val. La direction de FM Logistic, n’ayant pas de demande de ses clients, ne souhaite pas s'embrancher bien qu’elle paye plusieurs milliers d’euros par an pour entretenir l’embranchement. A Artenay, le groupe Axéréal (Agralys) exporte sur rails 55% des 4,5 millions de tonnes de céréales livrées par les agriculteurs, en direction notamment de Rouen, La Rochelle, Nantes et de la Bretagne. «On peut transporter de gros volumes rapidement et c’est plus facile de facturer tout d’un seul coup», explique Gilles Girault, directeur des ventes. Les entreprises intéressées par le fret sont nombreuses mais elles le boudent en raison de la dégradation du service et de l’abandon progressif des wagons isolés. «Il y a 20 ans, 80% de nos 180 000 tonnes de denrées étaient expédiées par le rail. On est à 45% de 210 000 tonnes aujourd'hui», confirme Michel Bartolo, directeur de la copérative agricole de Pithiviers. «Le train coûte entre 15 et 20% plus cher que les camions mais nous l'utilisons parce que il est plus sûr et permet de dégager d'un seul coup les silos. Notre espoir c'est qu'on le remette d'aplomb. Si tous les clients de la région Centre abandonnait le fret ferroviaire, ce serait 120 000 camions de plus sur la route !» A Aubigny-sur-Nère (Cher), l’entreprise Butagaz se satisfait du fret ferroviaire depuis 1960 sur la ligne Orléans-Sully-Aubigny mais elle est contrainte de réfléchir à une solution de substitution à l’horizon 2012.

La ligne n’est plus rentable aux yeux de la SNCF... Butagaz reçoit deux «rapilèges» par semaine, soit - dans le jargon - deux fois douze wagons. «Il y a eu de moments où on n’avait pas la livraison en temps et en heure, mais globalement c’est l’approvisionnement le plus sûr», souligne Philippe Mulette, chef de centre. L’association Star 45 qui milite pour la réouverture aux voyageurs et au fret de la ligne ferroviaire Orléans/Chateauneuf-sur- Loire entend bien mettre cette ligne sous les «feux de la rampe» pour qu’elle soit aidée financièrement. «800 wagons de gaz par an, c’est 2 500 camions sur la route !», lance Daniel Tournez, porte-parole de Star 45. La Région Centre garde néanmoins le soucis du fret ferroviaire : une enveloppe de 30 millions d'euros a été allouée, dans le cadre du Contrat de projets État-Région (CPER), dont 10 millions mis de coté pour Chartres-Orléans. Un appel d'offres devrait également être lancé, à l'automne, dans l'optique d'accueillir peut-être une plateforme de ferroutage, intégrée au projet d'autoroute ferroviaire Atlantique. Le site d'Artenay est en compétition avec Brétigny-sur-Orge en Ile-de-France.

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