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Le marché de la piscine privée ne boit pas la tasse. Mais après plusieurs années d'une hausse continue, l'“effet canicule” de 2003 semble se refroidir. «Mon fournisseur enregistre cette année une chute d'activité d'au moins 40%», évoque ainsi Ertuğrul Koyuncu, le cogérant de “Loiret piscines”. Conséquence d'un été 2007 pourri, «la baisse concerne surtout le Sud de la France», modère Cédric Convers, le responsable de “BS piscines”. Cette société d'Olivet accuse quand même «entre 15 et 20% de piscines en moins» qu'il y a un an. Les situations semblent néanmoins très contrastées d'un pisciniste à l'autre. Ertuğrul Koyuncu dit ne pas ressentir la baisse du marché, tout comme Xavier Lubin, responsable de l'entreprise du même nom à St-Jean-de-la-Ruelle. Avec des modèles entre 50 000 et... 150 000 €, «la baisse ne concerne pas le segment haut de gamme dans lequel nous sommes spécialisés.»
Sur Orléans comme ailleurs, ce sont donc visiblement les classes moyennes qui serrent leur budget. Encore que «la conjoncture amène l'ensemble des clients à prendre beaucoup plus de temps pour concrétiser leur intention», observe Xavier Lubin. Carrément «trois à quatre ans» dans son cas. Comme le remarque Cédric Convers, ce délai s'est également rallongé du fait que «la majorité des clients veulent une piscine beaucoup plus aboutie que par le passé.»
Il était alors fréquent de faire construire le bassin, puis d'installer un chauffage quelques années après et encore plus tard, un abri. «Aujourdhui, une piscine sur deux est construite avec chauffage, au lieu d'une sur quatre il y a six ans», poursuit le dirigeant de “BS piscines”. Avec à la clé, un coût qui est passé de 15 000 à 25 000 € pour un bassin standard de 8 m sur 4. Faute de piscines à bâtir, reste quand même à améliorer beaucoup de celles construites ces dix dernières années. «Surtout pour équiper d'anciens clients qui n'avaient pas fait installer le chauffage au départ», souligne encore Cédric Convers.
Très majoritairement grâce à des pompes à chaleur qui certes, occasionnent un investissement compris entre 4000 et 5000 € mais limitent les dépenses de chauffage à 200 € par an. Reste aussi à sécuriser la totalité des piscines privées, comme l'y oblige la loi depuis 2006. Sachant que «près de 40 % des bassins enterrés ne sont pas équipés» d'après la Commission de sécurité des consommateurs -mais 25% selon la Fédération des professionnels de la piscine-, les parts de marché ne manquent pas...
Sécurité : des lois... mais personne pour les appliquer
Les lois ne valent que par la vigilance qui préside à leur bonne exécution. Cette évidence a de nouveau sonné à la mi-juillet, quand le gouvernement a fait retirer du commerce cinq modèles d’alarmes de détection pour piscines. Toutes avaient échoué au test de détection de chute d’un mannequin simulant un jeune enfant. De fait, cet épisode révèle le flou pour le moins artistique qui entoure les obligations de
sécurité décrétées au sujet des piscines privées. Celles construites depuis le 1er janvier 2004 doivent être obligatoirement pourvues -au choix- de barrières de protection, d'une bâche apte à empêcher l'immersion involontaire d'enfants, d'un abri ou d'une alarme. L'obligation a été étendue deux ans plus tard à toutes les autres piscines existantes. Seulement, le législateur a prévu une amende de 45 000 € en cas de nonrespect
de ces dispositions... mais aucune procédure de contrôle. «Ces obligations sont sous la responsabilité du propriétaire ou dans le cas des piscines neuves, du constructeur», précise-t-on à la DDE du Loiret. Les secondes doivent quand même faire l'objet d'une autorisation de travaux ou d'un permis de construire.
Pourtant et même dans ce cas, la DDE «n'est pas en mesure de vérifier que les piscines sont aux normes de sécurité.» Et quoi qu'il en soit, «nous, les constructeurs avons l'obligation de parler des systèmes de sécurité aux clients, mais pas de leur faire
acheter !», note Ertuğrul Koyuncu. À 300 ou 400 € l'alarme contre 17 000 € pour une bâche ou 30 000 pour un abri, leur choix est de toute façon vite fait. Le problème est que «beaucoup d'alarmes ont obtenu la norme mais ne sont pas d'une efficacité terrible», dénonce pour sa part Cédric Convers. C'était d'ailleurs le cas des cinq dispositifs qui viennent d'être retirés du marché...
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