Jean Marchal : «Naviguer sur la Loire, c’est plonger dans un autre monde»
10-07-2008

Impossible le week-end dernier de manquer le bateau de Jean Marchal le long des quais d’Orléans. Il s’agissait du plus gros parmi la trentaine réunis à l'occasion de la Caravane de Loire. Président des Voiles de Loire Centre- Bourgogne -qui fédère quinze associations de mariniers-, c’est d’ailleurs à lui qu’est revenue la tâche de conduire la flottille. La Loire, Jean Marchal a toujours vécu au bord. De là à quitter le sol de la Nièvre pour embarquer sur le fleuve, il y avait pourtant un pas que l'homme a mis nombre d’années à franchir. Presque quarante, quand sa compagne l’a vacciné à l’eau du dernier fleuve sauvage d’Europe.

Tout a débuté il y a presque dix ans, avec la construction d’une gabarre à usage familial. Modeste, mais suffisant pour que Jean Marchal découvre la possibilité «de plonger dans un autre monde» au gré du cours d’eau. Et mieux, dans un autre temps. À 47 ans, les yeux pareils à ceux émerveillés d’un enfant, il raconte : «Quand tu navigues sur la Loire, surtout en amont d'Orléans, tu peux partir quinze jours sans voir personne. » Quelques années plus tard, Jean Marchal tombe nez à nez avec un bateau de travail que l’Equipement a abandonné sur une berge du canal du Berry. Un Colvert -c’est son nom- sacrément déplumé. «Tout le fond était pourri» fait constater son sauveur, photos à l’appui. Remorqué jusqu’à Decize, le drôle d’oiseau subit un traitement de choc. Une fois coupée en deux dans le sens de la longueur, sa coque en métal est élargie d’1m50 puis habillée de bois. Maté et muni d'une voile, voilà le rafiot transformé en toue cabannée.

Celle-là même que des dizaines de milliers de spectateurs ont pu admirer samedi et dimanche dernier, amarrée quai du Fort-Alleaume. Que ce soit pour y apporter des améliorations ou en entretenir le bastingage, «je suis toujours après», livre son capitaine. Et pas seulement les fins de semaine. «Quand on a un bateau sur la Loire», jure Jean Marchal, «il faut y passer tous les jours.» Sans quoi, gare aux embâcles comme celle qui il y a deux ans à Decize, a vu trois bateaux partir vers l’aval après qu’un tronc d’arbre a rompu leurs chaînes d’amarrage. Mieux vaut d’ailleurs avoir un caractère un peu semblable à la Loire pour y naviguer : impétueux, rude et parfois imprévisible.

À en croire Jean Marchal, «tous ceux qui naviguent sur la Loire ont des gros caractères. » Un univers de forts en gueule et en gueuletons «où l’on se dispute énormément », mais aussi «une bande de copains» solidaires dans la passion comme dans l’entraide. «La Loire, tu ne peux pas y naviguer tout seul», assure d'ailleurs le président de ses mariniers. Surtout comme cela a été le cas pour la Caravane de Loire, lorsqu'il s'agit d’éviter les bancs de sable qui d’une année sur l’autre, peuvent déplacer le chenal. Quant à Jean Marchal, ses congés sont déjà sur le point de se terminer. La Caravane de Loire, «c'est mes vacances d'été», sourit-il.

Commentaires
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dumas   |2009-05-16 15:59:06
bonjour
je vois votre article sur la navigation sur Loire avec une toue
cabanée!
je recherche le moyen de faire une navigation en toue(c'est pour un
cadeau)!
Pouvez vous m'indiquer à qui m'adresser(je souhaite autre chose que
les ballades à touristes!!!)
Merci de votre réponse!
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