| Les carrières de graviers jouent la carte verte |
| Écrit par Charles Centofanti | |||||||
| 24-09-2009 | |||||||
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Selon Philippe Foucquier, l’opération d’ouverture des carrières au public vise à faire connaître une «une filière avec une pyramide des âges vieillissante, beaucoup de professionnels ont entre 55 et 60 ans, il faudra les remplacer. Il s’agit de métiers ruraux, de géologue en passant par chaudronnier jusqu’à mécanicien, et il n’y a pas de délocalisation.» Mais les carrières continuent d'être vues d’un mauvais oeil. «Les carriers minimisent les nuisances. Une fois qu’ils ont fait un trou, ils plantent des arbres et se félicitent de participer au développement durable», critique Jean-Marie Salomon, président de l’association Mardiéval, qui milite pour la protection de Mardié et du Val de Loire. Il est d’autant plus remonté qu’une carrière pourrait voir le jour à Mardié, tout comme à Férolles. La commission départementale des routes du Conseil général a voté récemment une délibération dans ce sens. «Ça veut dire 50 camions par jour, soit 100 passages. En dehors de quelques effets de "vitrine" plus ou moins convaincants, il n'y a que des nuisances à attendre pour les villages. Le seul objectif des carriers est de constituer des rentes juteuses ou de pérenniser les carrières qu'ils possèdent !» Pour appuyer son propos sur le résultat paysager, au terme de la vie d’une carrière (en moyenne 15 ans mais parfois jusqu’à 30 ans), il cite en exemple la carrière de Courpain, près de Jargeau : «un petit observatoire y a été aménagé, franchement on ne peut pas appeler ça un biotope d’une diversité très riche. Des milieux ont été dénaturés. Courpain c’est un trou dans lequel on essaie de faire un parc naturel !» Thierry Soler, conseiller général (Verts) du canton de Chécy, estime que le problème principal est de savoir si on veut continuer à construire des routes : «on sait très bien que notre société ne saura que faire de ponts et de routes dans quelques années. Je suis assez hostile au développement des carrières, il faut travailler avec elles à une reconversion et ne pas répondre par le chantage aux emplois !» L’élu précise cependant qu’un travail «positif» est mené actuellement pour réutiliser les matériaux des routes abîmées plutôt que d’extraire de nouvelles matières premières. D'autres préconisent un recours plus important à des solutions alternatives, comme le bois, pour la construction. Philippe Foucquier souligne toutefois que la profession s’est dotée d’une charte environnement : «26 sociétés y adhèrent, soit 70% du volume produit. La profession a beaucoup évolué depuis 5 ans, on a recréé véritablement de la biodiversité. A Ouzouer, il y a 138 espèces végétales, 168 espèces d’oiseaux et 22 nicheurs ! Quant à l’environnement humain, les impacts en termes de bruits et poussières sont maintenant maîtrisés. Les règles sont strictes.» Marie des Neiges de Bellefroid, chargée des études et recherches au sein de l’association Loiret Nature Environnement, reconnaît que contrairement à ce qui était fait il y a 20 ans, lorsqu'on creusait dans le lit de la Loire, la restauration des sites exploités par les carrières peut être une réussite : «les hirondelles de rivage reviennent parce qu’il y a des trous pour nicher, de même que les guêpiers et les canards. Le problème des carrières c’est surtout leur localisation. Personne n’en veut chez lui !» Et pour cause, remarque Sylvie David-Rousseau, militante chez Les Verts : «Le problème c'est qu'une fois installées, elles ne partent plus et demandent constamment des extensions de surface. C'est mieux qu'avant, c’est vrai, mais les carrières restent des étendues de terres massacrées. Nous craignons que le Val de Loire devienne un gruyère comme la Vallée du Loing !» Dans ces conditions, l’opération séduction des carriers s’annonce difficile... mais pavée de bonnes intentions.
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