Les ventes de bois stagnent avec la crise
Écrit par Gaëla Messerli   
20-11-2008

Alors que les coupes de bois ont commencé depuis septembre et que les énergies renouvelables ont le vent en poupe, on peut se demander si la filière bois donne un nouveau visage à la forêt. Notamment dans le choix des peuplements. Contrairement à ce que l'on peut croire, la surface forestière française est en hausse. En moyenne, elle s'accroît d'un million de mètres cubes par an, mais seulement 42% de cet accroissement est récolté. «C'est notoirement insuffisant» indique Eric de la Rochère directeur de l'association Arbocentre, qui représente l'interprofession de la filière forêt dans la région. Côté ventes, «c’est le chêne qui se porte le mieux
aujourd’hui» explique Eric de la Rochère pour qui la forêt demande une gestion durable. «Les forêts privées ne sont pas forcément gérées car elles sont tournée vers la chasse.» Celles que gère l'Office national des forêts présentent en moyenne une productivité deux fois meilleure, avec 6 m3 par hectare et par an. Une récolte de chêne représente un investissement sur 180 ans, contre 80 à 100 ans pour une pinède.

«Notre objectif est une gestion équilibrée de manière à ne pas récolter tous les plus beaux bois en une année», explique Jean- Michel Soubieux, directeur de l'ONF du
Loiret. Les résineux vont vers la charpente, la construction, les panneaux de structure. Les feuillus sont plus particulièrement destinés à être transformés en parquet, en panneaux de particules, à l'emballage, l'aménagement intérieur et le chauffage. L'un des problèmes du département est que «plus de la moitié de cette production est transformée ailleurs faute de scieries et d'usines adéquates»

Et avec les problèmes économiques, «les ventes de chêne sont stagnantes et celles des résineux, très faibles.» constate Jean-Michel Soubieux. Au final, la filière bois a sensiblement changé le paysage forestier ces 30 dernières années. «On trouvait plus de résineux», se souvient Jean-Louis Pratz, qui s’occupe de la question à France Nature environnement. Même si la sylviculture en forêt domaniale «est peut-être un peu trop dynamique à notre goût, la biodiversité est mieux prise en compte aujourd'hui», complète t-il. La préservation de l'équilibre naturel nécessite de choisir les essences en fonction du terrain, «mais aussi du climat, surtout avec le changement climatique dont on ne sait pas si il sera durable.» Une réflexion qui ne vise pas vraiment le Loiret, mais plutôt certains sylviculteurs du Sud qui se sont lancés dans les essences exotiques car elles poussent plus vite.

La filière bois en chiffres
dans le Loiret
-80 entreprises de travaux forestiers dont 40 exploitants forestiers.
-20 scieries.
-Au total, le bois concerne 930 entreprises et 4900 emplois dans le département

Commentaires
Ajouter un nouveau Rechercher
Ecrire un commentaire
Nom:
Email:
 
Website:
Titre:
 
Saisissez le code que vous voyez.

3.23 Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved."