| Les moutons solognots et les poules de Contres font de la résistance |
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| Écrit par Gaëla Messerli | |||||||
| 04-03-2010 | |||||||
Inconnues du grand public, les races rustiques de Sologne ont des atouts qui ont donné envie à des passionnés de les élever à nouveau. Certaines, comme le mouton solognot, pourraient même être considérées comme des races d’avenir. «Nous sommes passés de 550 brebis à 2000 en dix ans en France. Il y en a dans toutes les régions», commente Didier Crèche, éleveur et président du Flock book solognot, qui regroupe une quarantaine d’éleveurs dont dix en Sologne. «S’il y a une modification du climat, ce mouton est adapté car il supporte les températures chaudes comme humides.» Cette race, élevée en Sologne depuis des siècles, est habituée à cette région humide et à la végétation pauvre. «Le mouton solognot résiste aux parasites et maladie comme la douve du foie ou le piétin.» Cette brebis rousse, fine, à la laine bise est rompue à la marche pour se nourrir dans les landes et les bruyères. C’est la Seconde Guerre mondiale et le début de l’agriculture intensive qui la firent tomber dans l’oubli, comme la plupart des races rustiques, au profit d'animaux avec plus de viandes. Seul le sud de la France les a conservées. «Aujourd’hui, le rapport s’inverse. Avec le prix des céréales, les moutons plus en chair sont plus coûteux à produire. La brebis solognote se contente de ce qu'elle trouve», ajoute Didier Crèche. Elle est aussi au goût du jour avec sa chair maigre et «sent peu le mouton». Seul problème : la commercialisation en circuit traditionnel. «Le particulier l’apprécie, par contre le boucher beaucoup moins, à cause du rendement», précise cet éleveur. Pour palier cette difficulté, le Flock book solognot cherche à faire reconnaître la qualité de ce mouton et espère obtenir l'appellation d’origine protégée (AOP), auprès de l’Institut National des Appellations d'Origine (INAO) «d’ici quatre ou cinq ans.» Didier Crèche constate «qu'on ne vit pas du mouton en France. On ne produit que 40% de la viande vendue. Le solognot est ma danseuse». Il élève également des vaches et des volailles dans son exploitation basée dans le Loir-et- Cher mais fait paître ses 200 moutons dans le méandre de Guilly (Loiret). Possédant un laboratoire aux normes européennes pour réaliser du foie gras, il commercialise directement ses produits aux particuliers. D’autres races, comme le dindon noir, connaissent une réhabilitation. «Il y a quelques éleveurs mais ce sont des amateurs et il s’agit de petits effectifs vendus en exposition pour la reproduction», commente Jacques Berger, président du Conservatoire des races rustiques de Sologne. Le Noir de Sologne est noir avec un peu de rose sur la queue. «Il a une peau fine contrairement aux autres dindons», ajoute Jacques Berger, «au siècle dernier, il était exporté en quantité en Angleterre.» L’arrivée des hybrides américains et les besoins de production d'après-guerre, l'ont fait disparaître des tables. La grande réussite de cet éleveur de volailles reste d'avoir recréer la poule de Contres, en 1993, à partir des spécificités mentionnées par la société d'agriculture du Loir-et-Cher en 1907 : une volaille au plumage blanc herminé noir, aux proportions harmonieuses. «Cette poule était surnommée la “bonne à tout faire”», indique Jacques Berger, «elle est capable de pondre 240 oeufs par an», précise Jacques Berger, «elle revient pour un usage domestique ou dans le cadre d'élevages bio.» La montée verte pourrait donc faire revenir ces races oubliées dans les assiettes.
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