
Le Loiret compte
une quarantaine de producteurs
d’asperges. Pour arriver à maintenir
cette production, les agriculteurs
ont choisi la vente directe et les
circuits courts.
«L’asperge connaît un renouveau en vente
directe avec des production de deux ou
trois hectares en moyenne», commente
Luc Bonnot, conseiller en production légumière
à la chambre d’agriculture. Le commerce
de cette asperge blanche se fait en
région, géré directement par les producteurs.
C’est le cas de Josette Legroux, agricultrice
depuis 1982 du Vignoble du chant d’oiseaux
à Mareau-aux-Prés. Elle cultive un hectare
et demi d’asperges et produit près de trois
tonnes de ce légume chaque saison, entre
avril et début juin. Cette culture est contraignante
car il faut trois ans avant d’obtenir
une récolte et cela nécessite un ramassage
manuel délicat. Un champ peut être exploité
6 ans, ensuite il faudra attendre 10 ans
avant de replanter ce légume. «Nous avons
deux saisonnières. Ce sont des femmes qui reviennent
chaque année», explique cette agricultrice,
«c’est un travail pénible que l’on doit
effectuer 6h par jour avec une souplesse d’emploi
du temps car certains jours, il n’y a rien
à ramasser.» Elle vend les asperges autour
de 6€ en moyenne le kilo, à 60% en vente
directe. La concurrence étrangère et des
autres régions ne lui fait pas peur car l’asperge
du Val de Loire a «un goût plus doux».
Pour Thierry Pommier, 50 ans, troisième génération
d’une famille d’agriculteur à Tigy, la
situation est similaire. Pour un hectare et
demi, quatre à cinq personnes sont nécessaires.
«Il s’agit de retraités, de gens du village.
On n’est pas encore rendu à faire venir des
gens des pays de l’Est !» Tout est vendu en
direct localement. «On ne cherche pas non
plus à faire de la quantité industrielle.»
Même si cet agriculteur atteint l’équilibre,
le nombre de producteurs dans cette ville
célèbre pour son asperge est tombé de
18 à 4 aujourd’hui. L’exigence de l’asperge
fait parfois baisser les bras. Pascal Javoy à
Mezières-les-Cléry a cessé de la produire
pour se concentrer sur la vigne. D’autres
producteurs se maintiennent mais ont peur
de l’avenir. «Les Allemands travaillent pour 8
€ de l’heure et maintenant la production qui
était délocalisée en Espagne est faite au Maroc.
Nous ne pouvons pas avoir le même coût de
production», explique Raphaël Pignot, 57 ans
céréalier qui possède 5 hectares d’asperges
à Chevilly depuis 10 ans. 12 personnes ramassent
l’asperge dans cette exploitation.
80% de blanche, le reste en verte «plus facile
à produire mais plus longue à ramasser,
donc pas forcément moins coûteuse». Deux
employés le sont en temps partagé. «Je fais
partie d’un groupement d’employeurs et
partage mes salariés avec d’autres exploitations.
Pour l’employeur, il a la certitude
qu’il aura chaque année un personnel qu’il
aura pu former et pour le salarié, un CDI.»
Les autres ramasseurs sont des retraités ou
des jeunes au chômage qui habitent dans
un rayon de 20 km. 90% de la production
est vendu sur place à des locaux ou des
parisiens, le reste à des restaurateurs. «J’ai
essayé de travailler avec la grande distribution
mais il n’y a pas qu’un problème de marge
avec eux», commente Raphaël Pignot, «dès
qu’ils ont pu recevoir des asperges de Chine, je
n’ai plus eu une commande pendant 10 jours.
Heureusement que ce n’était pas un gros volume
car sinon je mettais la clef sous la porte».
Ce producteur vend ses asperges 5€ le kilo
toute la saison. Un prix fixe pour inciter à
déguster pendant deux mois ce produit de
terroir. Les plus accros pourront pousser la
gourmandise en se rendant à la fête qui est
dédiée à l’asperge, dimanche 16 mai, à Tigy.
Ecrire un commentaire (0 Commentaires)




Société 








