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Société
Vente directe : l’asperge en plein renouveau !
22-04-2010
Vente directe : l’asperge en plein renouveau !
Le Loiret compte une quarantaine de producteurs d’asperges. Pour arriver à maintenir cette production, les agriculteurs ont choisi la vente directe et les circuits courts.
 
«L’asperge connaît un renouveau en vente directe avec des production de deux ou trois hectares en moyenne», commente Luc Bonnot, conseiller en production légumière à la chambre d’agriculture. Le commerce de cette asperge blanche se fait en région, géré directement par les producteurs. C’est le cas de Josette Legroux, agricultrice depuis 1982 du Vignoble du chant d’oiseaux à Mareau-aux-Prés. Elle cultive un hectare et demi d’asperges et produit près de trois tonnes de ce légume chaque saison, entre avril et début juin. Cette culture est contraignante car il faut trois ans avant d’obtenir une récolte et cela nécessite un ramassage manuel délicat. Un champ peut être exploité 6 ans, ensuite il faudra attendre 10 ans avant de replanter ce légume. «Nous avons deux saisonnières. Ce sont des femmes qui reviennent chaque année», explique cette agricultrice, «c’est un travail pénible que l’on doit effectuer 6h par jour avec une souplesse d’emploi du temps car certains jours, il n’y a rien à ramasser.» Elle vend les asperges autour de 6€ en moyenne le kilo, à 60% en vente directe. La concurrence étrangère et des autres régions ne lui fait pas peur car l’asperge du Val de Loire a «un goût plus doux». Pour Thierry Pommier, 50 ans, troisième génération d’une famille d’agriculteur à Tigy, la situation est similaire. Pour un hectare et demi, quatre à cinq personnes sont nécessaires. «Il s’agit de retraités, de gens du village. On n’est pas encore rendu à faire venir des gens des pays de l’Est !» Tout est vendu en direct localement. «On ne cherche pas non plus à faire de la quantité industrielle.» Même si cet agriculteur atteint l’équilibre, le nombre de producteurs dans cette ville célèbre pour son asperge est tombé de 18 à 4 aujourd’hui. L’exigence de l’asperge fait parfois baisser les bras. Pascal Javoy à Mezières-les-Cléry a cessé de la produire pour se concentrer sur la vigne. D’autres producteurs se maintiennent mais ont peur de l’avenir. «Les Allemands travaillent pour 8 € de l’heure et maintenant la production qui était délocalisée en Espagne est faite au Maroc. Nous ne pouvons pas avoir le même coût de production», explique Raphaël Pignot, 57 ans céréalier qui possède 5 hectares d’asperges à Chevilly depuis 10 ans. 12 personnes ramassent l’asperge dans cette exploitation. 80% de blanche, le reste en verte «plus facile à produire mais plus longue à ramasser, donc pas forcément moins coûteuse». Deux employés le sont en temps partagé. «Je fais partie d’un groupement d’employeurs et partage mes salariés avec d’autres exploitations. Pour l’employeur, il a la certitude qu’il aura chaque année un personnel qu’il aura pu former et pour le salarié, un CDI.» Les autres ramasseurs sont des retraités ou des jeunes au chômage qui habitent dans un rayon de 20 km. 90% de la production est vendu sur place à des locaux ou des parisiens, le reste à des restaurateurs. «J’ai essayé de travailler avec la grande distribution mais il n’y a pas qu’un problème de marge avec eux», commente Raphaël Pignot, «dès qu’ils ont pu recevoir des asperges de Chine, je n’ai plus eu une commande pendant 10 jours. Heureusement que ce n’était pas un gros volume car sinon je mettais la clef sous la porte». Ce producteur vend ses asperges 5€ le kilo toute la saison. Un prix fixe pour inciter à déguster pendant deux mois ce produit de terroir. Les plus accros pourront pousser la gourmandise en se rendant à la fête qui est dédiée à l’asperge, dimanche 16 mai, à Tigy.
 
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