| L’université d’Orléans toujours en quête d’un nouveau président |
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| Écrit par Charles Centofanti | |||||||
| 29-10-2009 | |||||||
La situation s’enlise au château de La
Source. Le successeur de Gérald
Guillaumet, président de l’université
d’Orléans jusqu’au 18 novembre, n’est toujours
pas désigné après l’organisation de deux votes.
La faute, selon plusieurs enseignants, à la mise
en place de la Loi relative aux libertés et responsabilités
des universités (LRU), qui a modifié et
restreint, en juillet 2007, la composition même
du Conseil d’administration (CA).
L'instance reste très partagée entre les deux
candidats. Deux hommes politiquement à
gauche, qui défendent deux projets distincts
pour l’avenir de l’université. D’un côté, Youssoufi
Touré, vice-président de l’université, chef de file
du projet “Chronos”, est soutenu majoritairement
par les enseignants et les directeurs de
recherches. Résolument tourné vers les entreprises,
il est ouvert à la création d'une fondation
pour lever des fonds et prône un passage rapide
aux responsabilités et compétences élargies.
D'un autre côté, Pierre Allorant, maître de conférences
en Histoire du droit, porteur du projet
“Pour une université démocratique”, est majoritairement
préféré par les étudiants. Lui aurait
aimé que le passage à l'autonomie puisse
patienter encore et il milite, entre autres, pour la
création d'une UFR Santé avec la transformation
du CHRO en CHU et l'ouverture d'une
formation en sciences politiques.
Après les deux tours du vote de vendredi 16
octobre, qui s’est soldé par une égalité parfaite
de 10 voix de chaque côté, ni Youssoufi Touré ni
Pierre Allorant n’ont réussi à se départager vendredi
23 octobre, obtenant onze voix chacun.
«L’ambiance était très tendue», confie un membre
du CA.
Et cette fois, il n’y a eu qu’un seul tour
de scrutin : «ce qui est important ce sont leurs
déclarations après le vote», estime Gérald
Guillaumet, «ils sont très conscients que maintenant
le déblocage passe par une décision
commune». Pour se laisser le temps de la
réflexion, un troisième tour a été programmé
vendredi 13 novembre. «Nous allons chacun
réunir nos équipes pour sortir de l’impasse»,
assure Pierre Allorant. Deux solutions ensuite :
soit l’un des deux candidats obtient 12 voix,
score minimum pour être élu, soit il faudra
entamer des négociations «sur les programmes,
les projets et les idées, pas sur les postes»,
insiste Pierre Allorant. Les adversaires disent
s’entendre au moins sur deux points : ni l’un ni
l’autre ne veut d’une 3e candidature sortie d’un
chapeau et ils souhaitent à tout prix éviter la
mise sous tutelle de l’université, qui interviendrait
si aucune solution n’était trouvée. En
clair, l'un des candidats devra céder. «La situation
peut se débloquer, sans doute avant le
prochain vote !», assure Youssoufi Touré. «Il y
aura toujours une solution, nous avons des
points d’accord sur l’université, c’est le non-dit
qui nous met en désaccord. C’est une des conséquences
du printemps 2009, l’aspect anti-
LRU ressurgit. Mais des élections difficiles il y en
a eu partout l’an dernier !»
Au Mans, à Lyon II ou
Paris X, entre autres... «Avant la loi, il pouvait y
avoir 20 tours de scrutins ! Là on en est à 2 ou
3, ça simplifie énormément», précise-t-on au
ministère de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche.
«Nous sommes repartis dans une logique de
blocage», regrette pourtant Maïtin Bergounioux,
enseignante de mathématiques, membre du CA
et colistière de Pierre Allorant. «C’est un des
effets pervers de la loi, le CA est passé d’une
quarantaine de membres à 22, ce qui s’est
traduit par une diminution de la représentativité
», constate un enseignant sous couvert de
l’anonymat. «La LRU suscite des clivages artificiels,
l'élection s'est politisée. Nous devons surmonter
cette crise de succession alors même
que nous perdons des étudiants depuis
plusieurs années, que la hiérarchisation est de
plus en plus opérée par le gouvernement et que
l’on réfléchit à une fusion entre Orléans et
Tours… A Orléans, il y a un décalage funeste
entre l’élection des conseils et du président.»
Car le futur président ne sera élu que pour deux
ans et demi, le temps du renouvellement du CA.
«Il ne s’agit pas seulement d’une bataille de personnes.
Les choses sont plus profondes. Le
désengagement de l’Etat et les modifications
statutaires provoquent des tensions, le mode de
scrutin fige les situations tous les quatre ans»,
résume Jean Fabbri, secrétaire général du syndicat
Snesup-Fsu.
60 % des 83 universités de France seront
autonomes au 1er janvier 2010. L’université
d'Orléans pourrait obtenir les compétences élargies
le 1er janvier 2011, selon le résultat de l’audit
mené à l’automne dernier par le ministère.
«Nous n’avons pas connaissance d’un retard
particulier à Orléans, pas même dans l’application
de la loi LRU. Le rapport d'audit est en cours
de finalisation, il sera remis au nouveau président.
Il n'y a rien d'alarmant», insiste-t-on au
ministère.
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