| La violence monte dans les transports en commun |
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| Écrit par Charles Centofanti | |||||||
| 06-05-2010 | |||||||
Faut-il avoir peur
de prendre le tram et le bus ?
Après la violente agression d’un
conducteur de bus, vendredi 23
avril à La Source, la profession
et les usagers veulent plus
de sécurité. L’AgglO et la direction
de la SETAO s’y engagent, sans
recruter
Un coup de couteau, deux vols de caisse,
des menaces avec un pistolet... des faits
survenus en l’espace d’un an, jusqu’au 23
avril et le passage à tabac d’Ahmed, ce conducteur
de 43 ans roué de coups par plusieurs jeunes
à l’arrêt de l’Indien sur la ligne 20 à Orléans
(lire n°167). Choqués, les conducteurs de bus et
de tramway du réseau SETAO ont fait jouer leur
droit de retrait et repris le travail le coeur lourd
mardi 27 avril. D’autant plus que, de source syndicale,
un bus a de nouveau fait l’objet d’un jet
de pierre, mercredi 28 avril, et le lendemain un
conducteur de la ligne 10 se faisait menacer par
un pistolet à billes à l’arrêt Acacias. L’adolescent
responsable de l’intimidation a été interpellé.
A écouter Luc Egoumenides, directeur de la
SETAO, avec 80 incidents dont 20 graves en
2009, les transports en commun, qui transportent
26 millions de passagers par an, restent sûrs
: «Les chiffres sont stables et selon notre baromètre,
il n’y a pas de sentiment d’insécurité, les
clients sont globalement satisfaits.» Charles-Eric
Lemaignen, président de l’AgglO, souligne qu’il
y a plutôt «moins d’incidents mais ils sont de plus
en plus brutaux», sachant que l’agglomération
d’Orléans est «la seule à avoir une police des transports
». «Les transports en commun sont 10 fois plus
sûrs qu’il y a 10 ans», insiste Florent Montillot,
adjoint à la sécurité d’Orléans. «Les dépôts de
plainte des usagers diminuent, les arrêts de travail
des agents de la SETAO aussi, et les interpellations
de la police des transports augmentent, nous
en sommes déjà à 65 depuis le début de l’année
contre 100 l’an dernier, nous montons en puissance
!» Avec un délai moyen d’intervention de
la police des transports de «3-4 minutes», assure
Florent Montillot.
Les organisations syndicales dressent un tableau
plus sombre. «Les insultes, c’est quotidien ! Soit
parce que le bus précédent n’est pas passé, soit
pour un motif de mécontentement par rapport
au réseau», dénonce Rachid Mansouri, délégué
du syndicat CGT, minoritaire à la SETAO. «On
peut trouver qu’on conduit pas assez vite, ça peut
partir d’un petit truc», selon Sylvie Bley, déléguée
CFDT. «Les engagements pris sont minimes, nous
n’avons pas de vraie police des transports (1), lors
du passage de la dernière rame de tram, on ne
peut compter que sur les policiers en patrouille,
à partir de 20h, le réseau est livré à lui-même !»,
poursuit Rachid Mansouri. Si officiellement, les
dérapages ne se concentrent sur aucune ligne,
dans les faits certains conducteurs confient être
moins enclins à emprunter les lignes 3, 9, 13 et
20, qui passent dans des quartiers populaires. «Il
ne faut pas diaboliser un quartier mais il y a des
zones de non droit. J’ai des collègues qui ont peur
de travailler. Il faudrait plus de médiation», souligne
Jérôme Piedefert délégué syndical UNSA.
«Au-delà des faits marquants, il y a l’agressivité au
quotidien ! La veille de l’agression d’Ahmed, l’un
des 30 vérificateurs a écopé de 10 jours d’arrêt
de travail. On a peur pour notre santé et notre
vie !»
Du côté des usagers, des lignes et horaires sont
évités. «Le problème c’est que la clientèle des bus
ce sont les captifs, les gens contraints», explique
Pierre-Louis Valls, porte-parole de la Fédération
nationale des associations d’usagers des transports
(FNAUT). «Les jeunes qui n’ont pas le
permis, les gens qui n’ont pas beaucoup d’argent,
les personnes âgées ou à mobilité réduite… Pour
que cela change, il faut une qualité de service égale
au tram : mettre les bus en site propre et améliorer
la cadence, attendre 30 minutes un bus ça
devient pénible et ça peut faire péter les plombs!»
Roland Liénard, également porte-parole de la
FNAUT, veut relativiser : «sans dire que tout est
parfait, la situation n’est pas alarmante et on se
sent bien sur le réseau. Il faut juste que la police
des transports soit plus présente.»
Les syndicats attendent, eux, de voir si les
promesses se traduiront par des actes. Ils ont
obtenu la déviation temporaire, au moins jusqu’au
14 juillet, de la ligne 20 qui ne passe plus par
l’avenue de la Bolière, le retrait immédiat d’une
ligne en cas d’agression, la présence renforcée
de policiers municipaux les samedis, dimanches
et jours fériés à la sortie des discothèques.
La SETAO doit aussi lister les points noirs en
ce qui concerne les problèmes de stationnement
d’incivisme. «Même si l’été et les vacances
scolaires sont des périodes à risques, la sérénité
semble être revenue et la clientèle est beaucoup
plus aimable avec nous», témoigne Patrick
Cabot, délégué SUD. Pourvu que ça dure !
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