Sorties & Loisirs
Des médecins de moins en moins nombreux face à l’afflux de patients | Des médecins de moins en moins nombreux face à l’afflux de patients |
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| Écrit par Charles Centofanti | |||||||
| 29-10-2009 | |||||||
La densité médicale s’affaiblit dans le
Loiret, le corps médical vieillit et les
délais s’allongent pour décrocher un rendez-
vous. Selon l’Atlas de la démographie
médicale, édité il y a quelques semaines par le
conseil national de l’Ordre des médecins, les
effectifs de médecins en activité régulière ont
diminué de 2% sur un an. Le Centre est la 2e
région la plus faiblement densifiée (derrière la
Picardie) avec 245 médecins pour 100 000
habitants, contre 290 en moyenne en France.
Dans le Loiret, département moins touché que
l’Indre et le Cher, quelle que soit la spécialité
les densités sont faibles partout. 86 médecins
généralistes exercent pour 100 000 habitants,
contre 112 en moyenne en France et plus de
220 en Ile-de-France. «Il n’y a pas de pénurie
dans l’agglo mais la situation est préoccupante
», témoigne Jean-Pierre Crossonneau,
64 ans, président du conseil de l’Ordre des
médecins du Loiret. Obtenir un rendez-vous
chez un généraliste nécessite de s’armer de
patience et, du côté des spécialistes, il faut
patienter jusqu’à six mois. «La question est de
savoir comment attirer. Il faut une certaine
qualité de vie et les médecins s’installent souvent
à côté du CHU où ils ont été formés, ils
sont donc plus attirés par Tours que par
Orléans.»
l Médecins généralistes. Le Loiret en
compte 552 ayant une activité régulière, avec
un âge moyen de 51 ans, 42% de femmes et
la moitié de libéraux «sachant que 67% des
nouveaux inscrits à l’Ordre sont salariés et
que 70% des étudiants qui sortent de l’école
sont des femmes. C’est important car elles
préfèrent les temps partiels et des carrières
plus courtes», indique Jean-Pierre
Crossonneau.
En zone rurale, il n’y a pas
encore de véritable «zone blanche» mais
plusieurs cabinets ont disparu et les projections
réalisées par la CPAM sont pessimistes:
«Si les médecins qui ont progressivement 65
ans ne sont pas remplacés, on passerait à
49,3 médecins pour 100 000 habitants dans
le Loiret en 2017», indique Patrick Rouyer,
directeur adjoint de la CPAM. Dans l’agglo, «il
est de plus en plus difficile de trouver un
généraliste, beaucoup ne veulent pas devenir
médecin traitant», constate Jacques Adam,
médecin retraité de St-Jean-de-Braye, membre
de l’association UFC Que Choisir. Près
de 75% des généralistes du Loiret sont en
secteur 1, facturant la consultation à 22€
(taux de remboursement 70%). Le prix se
situe autour de 30€ en secteur 2. Plusieurs
raisons expliquent les difficultés à obtenir un
rendez-vous, hors urgence : «l’acte médical
est beaucoup plus long qu’il y a quelques
années, la population vieillit, avec des polypathologies
mieux suivies, et les médecins
ont vu leur temps de travail s’allonger. Le
temps consacré à l’administratif augmente de
10% par an !», explique Jean-Pierre
Crossonneau.
Selon lui, l’avenir passe par
les maisons médicales de garde et l’implication
des collectivités locales : «Les élus peuvent
racheter les murs d’un médecin qui s’en
va et les louer ensuite à un jeune médecin.
Cela lui permet d’avoir des frais minorés. Ça
commence à se faire mais il faut faire plus !»
l Ophtalmologistes. Ils ne sont que 35 dans
le Loiret, avec une moyenne d’âge de 50 ans,
54% de femmes et 80% à exercer en libéral.
Les délais pour un rendez-vous tournent
autour de 6 mois à Orléans, 5 mois à la clinique
des Longues Allées à St-Jean-de-
Braye (45€ la consultation pour un adulte,
60€ pour un enfant ; contre 28€ pour une
consultation pour suivi régulier d’un ophtalmo
en secteur 1). «Le délai d’attente a toujours
été long mais ça ne fait que s’aggraver, à tel
point qu’on conseille à certains patients
d’aller à Paris pour être pris plus rapidement
», souligne Jacques Adam, de l’UFC
Que Choisir. 90% des actes des ophtalmos
du Loiret sont avec dépassements d’honoraires,
selon la CPAM. A Orléans, la moyenne
des dépassements se situe à 23€, contre 17€
à Montargis.
l Gynécologues.
Les gynécologues médicaux
(libéraux, à ne pas confondre avec les
gynécologues-obstétriciens) sont en voie de
disparition. Ils sont 15 dans le Loiret, 13
femmes et 2 hommes, d’une moyenne d’âge
de 59 ans. Ainsi, il est bien difficile pour une
nouvelle patiente de rentrer dans le «circuit».
Mais pas impossible… «Le problème est
surtout pour les échographies de début de
grossesse, il est impossible de donner un rdv
dans la semaine», explique la secrétaire
d’une gynécologue orléanaise. Les délais de
rdv oscillent entre 1 et 3 mois. En secteur 1,
la consultation est fixée à 28€ et en secteur 2
(soit 65% des gynécologues de l’agglo) la
moyenne se situe entre 40€ et 50€. 87% des
actes comprennent un dépassement d’honoraires,
avec une moyenne de 27€ à Orléans.
l Cardiologues, dermatologues, anesthésistes…
Autant de spécialités auprès
desquelles il reste difficile d’obtenir un rendez-
vous. «La chirurgie subit aussi une crise
de recrutement alors qu’il y a quarante ans,
c’était très valorisant. Aujourd’hui les
médecins privilégient leur qualité de vie, ils
ne veulent plus de gardes très contraintes et
veulent pouvoir emmener leurs enfants à
l’école», explique le Dr Crossonneau. Plus de
50% des actes des anesthésistes et des
chirurgiens (à 80% en secteur 2) inclus des
dépassements d’honoraires, en moyenne de
169€, soit des écarts de 20€ à 445€, selon la
même étude de la CPAM. «La qualité des
soins reste convenable mais l’organisation
s’est beaucoup dégradée», résume Jacques
Adam.
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