Sorties & Loisirs
Alexis Gruss : de la piste aux étoiles à l’école du cirque | Alexis Gruss : de la piste aux étoiles à l’école du cirque |
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| Écrit par Gaëla Messerli | |||||||
| 04-02-2010 | |||||||
Alexis Gruss. Rien que ce nom célèbre
évoque la magie du cirque. Celui qui a
repris il y a un peu plus de deux ans, l’école
du cirque de Saint-Jean-de-Braye est le petit-fils
du spécialiste de l’art équestre au cirque, portant
le même nom. S'installer à Saint-Jean-de-Braye
peut sembler être un choix atypique pour cet
artiste de 30 ans, habitué à tourner avec son frère
dans le monde entier : «J’ai commencé à avoir un,
deux puis trois enfants, je voulais les scolariser
pour qu’ils puissent avoir le choix plus tard d'un
métier», explique Alexis Gruss. «Au départ, j’avais
envie de créer une école avec mon frère, plutôt
dans le nord, mais j’ai entendu dire - car dans le
milieu du cirque tout se sait - que la commune,
propriétaire du terrain, cherchait un repreneur pour
l’école Micheletty.» Un moyen pour l’équilibriste
clown, récompensé aux Premières rampes de
Monte-Carlo en 2004, de continuer à travailler
sous un chapiteau sans avoir les contraintes de la
vie en caravane.
Comment devient-on artiste de cirque ?
«On touche à tout au début, cela permet de voir
où l'on est naturellement plus doué et d'obtenir un
petit niveau dans tous les domaines», explique
Alexis Gruss, «je le vois avec mes propres enfants
qui ont entre 3 et 7 ans. Pour eux c’est un jeu mais
au final, c’est comme un entraînement.» Au
départ, Alexis Gruss a marché dans les traces de
son grand-père. «J’avais ma propre cavalerie à 5
ans», se souvient-il, «vers 9-10 ans, on commence
à participer à des numéros pour s'habituer.
A 11 ans, je faisais un numéro de jonglerie avec
mon frère et vers 15 ans, de la planche à rouler.»
Pour son épouse, Anargul, contorsionniste, qui a
grandi au Kazakhstan le parcours n’a pas été le
même. Après des études classiques, elle passe
son bac puis intègre la section cirque du conservatoire
national où elle y développe la contorsion.
«Nous nous sommes rencontrés lors d'une saison.
En étant sur les routes, je parle un peu
l’anglais, le russe, l’allemand !», témoigne celui qui
n'a pas le bac mais se dit heureux de savoir écrire,
lire et compter pour gérer l'administration de
l'école. Lorsque l’on est né dans un cirque, l'envie
de reprendre la route est malgré tout présente.
«La vie sédentaire et celle en caravane ont leurs
avantages comme leurs inconvénients. J’y ai
pensé mais j’ai désormais d’autres projets.» Le
nouveau directeur a redonné du souffle à l’école
depuis sa reprise. «On est passé de 80 élèves à
250.» L’école compte quatre professeurs permanents
dont le couple et sa mère. Le reste des
enseignements est assuré par des artistes qu’il
contacte ponctuellement. Mais les projets des
Gruss ne s’arrêtent pas là. «J’aimerais organiser
un festival du cirque à Saint-Jean-de-Braye.»
Alors le cirque ne connaît pas la crise ? «Cela a un
coût... et il y a une offre de divertissements importante
mais aussi un nouveau un public de trentenaire.
Le cirque a souffert pendant longtemps de
l’image “la piste aux étoiles”. Il y a eu une époque
où il y avait une quantité de petits cirques médiocres.
Aujourd’hui, cela s’est modernisé.» Afin de
faire rêver toutes les générations, Alexis Gruss sait
qu’il doit maintenir la qualité de l'école à la hauteur
du prestige de son nom. Pour l’heure, ce père de
famille songe à acheter un logement et quitter le
chalet qui lui sert d’habitation. Quant à l’avenir, il
espère secrètement que ses enfants entreront en
piste...
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