
De l’aveu même d’un conseiller technique, le dossier est «brûlant». Pourtant depuis l’inauguration de la nouvelle gare d’Orléans en septembre 2007, la fameuse liaison censée permettre aux piétons de rejoindre la ligne de tramway - en incluant théoriquement des commerces - a des allures d’Arlésienne. On en entend parler mais rien ne bouge... «C’est toujours aussi glauque !», critique un usager. D’autres préfèrent s’amuser de la situation, en contemplant les deux trompe-l’oeil géants dans le hall de la gare sur lesquels il est écrit, avec un brin de malice : «Ici nous construisons la liaison tram/train.» Un immobilisme qui contraste avec la position de la SNCF, aujourd’hui chargée de la maîtrise d’ouvrage selon l’AgglO, qui s’agacerait presque qu’on lui demande des nouvelles : «Il y a un vrai projet ! La réflexion est en cours, ce n’est pas botter en touche que de dire que nous ne sommes pas les seuls partenaires autour de la table.» Et de rappeler que la gare bouge : avec d’une part l’arrivée prévue fin septembre du café Segafredo, dont les travaux sont en cours et, d’autre part, la livraison en fin d’année des toilettes publiques tant attendues, au niveau du quai n°1... Une source bien informée indique que le blocage se situe au niveau de l’emprise foncière et du financement. Car à l’origine, la liaison tram/train devait être construite avec l’enveloppe allouée au chantier de reconstruction de la gare. Sauf que les 38,7 millions d’euros, à la charge de la Région, de l’Agglo, de la Ville d’Orléans et de la SNCF, ont été intégralement consommés. «C’est morne plaine ! Le problème c’est que chacun est intéressé mais personne ne veut payer !», confie une autre source très proche du dossier.
«Certains comme la Région ont payé rubis sur l’ongle les travaux, d’autres comme l’AgglO par exemple, mais aussi le centre commercial, rechignent... Et encore faut-il s’accorder sur ce qu’on veut faire, pour l’instant il y a plusieurs scénarios.» François-Charles Luxor, directeur du centre commercial de Place d’Arc (groupe Unibail), indique, pour sa part, que la connexion est «toujours prévue» et qu’elle est «très importante pour nous». «Les élus sont agacés par le retard pris par l’opération et demandent à la SNCF de tout mettre en oeuvre pour que l’opération puisse être réalisée dans les meilleurs délais», indique sobrement la direction de la communication de l’Agglomération. Serge Grouard, député maire d’Orléans, rappelle que c’est la SNCF qui «pilote sur ce dossier, nous participons seulement au financement». Compte tenu du retard sur le projet, Serge Grouard et Charles-Eric Lemaignen, président de l’AgglO, ont demandé une audience à Guillaume Pépy : «Nous devons rencontrer le grand patron de la SNCF courant septembre sur ce dossier», confirme Serge Grouard. La date n’est pas encore confirmée par la SNCF. De son côté, l’opposition d’Orléans doute que cette rencontre puisse changer la donne et s’impatiente : «la liaison est une catastrophe, c’est limite insalubre et les retours d’usagers sont très négatifs, il faudrait une vraie volonté politique pour faire avancer ce dossier !», estime Baptiste Chapuis, conseiller municipal (PS). Autre donnée symptomatique de l’enlisement du dossier : aucun accord n’a encore été conclu entre l’immeuble de bureaux Le Primat, situé entre la gare et le tramway avenue de Paris, et la SNCF. «Le dossier traîne depuis 10 ans !», confie-t-on au syndicat de copropriété Citya LGC. «Le souci c’est que Le Primat est d’accord pour permettre à la SNCF d’effectuer les travaux nécessaires au renforcement de la dalle (ndlr : pour des raisons de sécurité, au niveau du parking situé sous la liaison), à condition qu’on nous restitue notre sortie de parking rue Saint-Yves. Rue Copernic c’est provisoire et insalubre !» De son côté la SNCF, voudrait d’abord faire les travaux. La dernière réunion entre les parties date du 17 mars 2010. Manifestement rien n’est simple dans ce dossier...




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