
Le suspens joue les prolongations ! Le
Rugby Club Orléans se déplace à
Vannes, dimanche 21 février, pour le
compte de la dernière journée, en 1ère phase
de fédérale 1. Initialement programmée le
14 février, la rencontre a été reportée,
comme toutes les autres de la poule, à
la suite d'une recommandation de la
Fédération Française de Rugby, en conséquence
des conditions climatiques de ces
derniers jours... Cela a donc laissé une
semaine supplémentaire aux Orléanais
pour préparer ce match déterminant pour la
suite de la saison : une victoire à Vannes
qualifierait les Orléanais pour le trophée
Jean Prat, dont les phases de poule auront
lieu du 28 février au 2 mai. A l’inverse, une
défaite contre les Bretons enverrait le RCO
en play-down : une déception pour le club
qui ambitionnait de jouer le haut du classement…
A l’entame de la saison, après leurs trois
qualifications consécutives au trophée Jean
Prat et l’arrivée d’un manager de renommée
nationale, Didier Nourault, les joueurs
étaient très confiants sur leurs possibilités.
Mais les débuts compliqués du RCO ont
entamé l’assurance des joueurs, qui sont
toujours restés dans le ventre mou du
championnat. «Nous étions en manque de
réussite sur notre jeu au pied et nos exécutions
étaient très stéréotypées», analyse le
co-entraîneur, Franck Cohen, à propos des
premiers matchs de l’équipe. Encore jeune,
le groupe s’est empêtré dans ses doutes et
est entré dans une spirale négative, enchaînant
les contre-performances. Notamment
entre la 5e et la 9e journée lorsqu’Orléans
n’a connu aucun succès mais trois défaites
et deux matchs nuls. «Certains de ces
matchs ont été perdus par un manque d’expérience
et de lucidité», reconnaît le coach
orléanais, «nous avons dû faire prendre
conscience, aux joueurs, de leurs manques
». Ceux-ci ont alors beaucoup travaillé
pour corriger leurs défauts, croyant toujours
à la qualification, même quand celle-ci semblait
fortement compromise.
Et depuis quelques rencontres, le RCO va
mieux. Avec le retour en forme du demi
d’ouverture, l’anglais Frazer Pimlow, et une
équipe dont le jeu se met enfin en place, le
RCO parvient à inverser la tendance. Il a
ainsi enchaîné trois victoires consécutives
pour n’être qu’à un succès de la 4ème place,
qualificative au trophée Jean Prat. Mais ce
réveil tardif sera-t-il suffisant ? Les
Orléanais ont déjà grillé un joker après leur
défaite contre Bobigny (7-10), dimanche
31 janvier. Décisif, le déplacement à
Vannes revêt une importance particulière
pour la formation de Franck Cohen. «Le
match sera compliqué car Vannes est une
équipe difficile à manoeuvrer. Il faudra que
l’on joue juste et que l’on soit réaliste. Ce
sera un peu notre finale alors peu importe
que ce soit chez eux ou chez nous, il faudra
être très appliqué et concentré !»
En cas de victoire à Vannes, l’objectif pour
le RCO serait d’aller le plus loin possible
dans le trophée Jean Prat, en essayant de
sortir de la 2ème phase. Si malheureusement
le RCO venait à trébucher et à aller en playdown,
«le but serait d’être champion de
France», annonce Didier Nourault. Car
même si les play-down laissent planer une
menace de relégation, la meilleure équipe
des play-down peut obtenir le titre, même
en bois, de champion de France.
Mais au-delà des résultats sportifs, le club
est porteur d’un ambitieux projet visant à
développer le rugby dans l’agglomération
orléanaise. Ce plan, qui a motivé la venue
de Didier Nourrault, prend forme depuis sa
création, il y a six mois. Une étape importante
a été franchie avec l’installation de l’éclairage
au Stade des Montées. «Cela permet
d’organiser des matchs le samedi soir
et de toucher un public plus large», note le
manager. Pour attirer plus de spectateurs,
dans une ambiance populaire et conviviale,
le club privilégie les entrées à des prix
raisonnables et organise des démonstrations
à la mi-temps. «Nous tenons la ligne
de conduite que nous nous sommes fixés
mais il est difficile de fidéliser le public
quand le RCO n’a qu’un match à domicile
par mois», lance Didier Nourault pointant le
championnat de fédérale 1, compliqué à
comprendre pour le néophyte. Le RCO
développe aussi des actions de promotion
du rugby auprès des jeunes, tel que “drop
de béton” dans les quartiers orléanais. La
formation tient aussi une place importante
dans le projet orléanais. Un centre de formation
régional des 18-25 ans devrait être
créé au mois d’avril, avec une structure à
Orléans. «Nous travaillons en coulisses,
notamment avec l’US Tours. C’est un projet
global de développement du rugby dans le
comité pour garder nos meilleurs jeunes. Il
est novateur, car il n’existe nulle part
ailleurs.» La politique à deux têtes du RCO,
avec une partie performance et une autre
de développement du rugby orléanais, concerne
les joueurs du RCO qui y adhèrent
majoritairement puisqu’environ 90% de l’effectif
devrait rester l’année prochaine.
En marge du travail du staff pour créer une
culture orléanaise du rugby, les joueurs
peuvent d'ores et déjà mettre en lumière le
club... en l’emportant face à Vannes ce
week-end.
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