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Claude Pinault : du syndrome de Guillain-barré à l'écriture Version imprimable Votre email
Écrit par Tribune Orléans   
27-08-2009

Jamais malade ! Le dynamique Claude Pinault, 58 ans, qui gérait avec son épouse les boutiques Etam lingerie, 1.2.3 et Le Tanneur à Orléans, s’est retrouvé du jour au lendemain, en septembre 2005, prisonnier de son corps par le syndrome de Guillain-Barré dans sa forme sévère. Difficile de croire en voyant l'auteur du Syndrome du bocal, publié aux éditions Buchet-Chastel, qu'il puisse avoir été un jour tétraplégique. Seul un léger boitement laisse percevoir un signe de faiblesse. Du corps seulement, surtout pas de caractère. Claude Pinault marche sans canne et croque la vie. «Je fais illusion parmi les valides», commente l’auteur qui possède une carte d’invalidité à 80% mais répugne à trop utiliser les places handicapés qu’ils préfèrent laisser à «ses frères d’armes et de larmes». Cet homme aujourd’hui debout, le sourire aux lèvres, raconte dans son livre comment, soudainement, sa vie a basculé. «J’étais très affairé, irremplaçable, comme beaucoup d’hommes et de femmes», se souvient celui qui a passé un an et demi à se battre pour ne plus être assisté. Deux ans auparavant, seul un cancer de la thyroïde avait atteint ce fils de maraîcher, né à Orléans, passionné de littérature, de musique et de peinture qui a toujours aimé travailler de ses mains. Une piqûre de méduse, une otite et voilà cet ancien sportif atteint de cette maladie rare qui affecte les nerfs périphériques et peut conduire à la mort. Claude Pinault, le trublion depuis l’enfance, va se battre contre les diagnostics qu’on lui assène et sortir du bocal à la force de sa volonté. «Je me représentais dans ma tête en train de marcher, de demander ma femme en mariage sur la plage en Espagne, je visualisais le rosé que nous buvions et la paëlla que nous mangions», se souvient Claude Pinault. Trimballé dans différents établissements, de la réanimation d’Orléans en passant par la Bretagne et un centre de convalescence d’Orléans, il préfère s’éloigner de sa famille aimante, «ses visages souriants aux yeux rougis», pour lutter contre la maladie avec ceux qui sont, comme lui, handicapés. A l'époque tétraplégique, plein d’humour, il parvient ainsi à se relever en croyant en l'homme, en lui, explique cet agnostique.

Remanger, remarcher, faire l’amour… tout ce qui fait «un homme-debout.» Pour écrire son livre, il a choisi de s'installer dans son fauteuil, «même si cela mettait ma femme en colère car j’arrivais à me mettre debout», indique Claude Pinault. Il confesse avoir écrit depuis l’enfance mais avoir été obligé de se résigner à faire un métier “sérieux”, d’abord à cause des parents. «J’étais “paysan” mais travaillais bien à l’école, je me suis donc lancé dans des études d'agronomie.» Rebelle dans l’âme depuis la mort de l’une de ses soeurs qu’on a cherché à lui cacher pour le protéger, il rejette en bloc la vie qu’on a tracée pour lui. Le petit garçon qui se cachait pour lire enchaîne les métiers. Il aurait même pu «vendre des frites sous la tour Eiffel». Jusqu’au jour au Elisa, son épouse, lui parle du concept de la marque Etam. Ils décident d’emprunter et de se lancer dans la création d’une boutique à Orléans. Dix ans sans prendre de vacances et à rembourser des crédits. Une vie bien rodée qui lui laisse la place pour peindre et retaper sa maison. La maladie a été pour lui un moyen de réaliser qu’il n’est pas immortel et il a choisi de prendre du recul par rapport à son métier d’entrepreneur pour devenir un auteur. Alors guéri ? Pas tout à fait. Claude Pinault a toujours l’impression d’avoir des gants de caoutchouc et des fourmillements dans les doigts mais il applique toujours sa méthode pour repousser les barrières de la douleur : il ne s’attache plus qu’au positif et à la vérité, c’est pour cela que son premier livre est bourré d’humour.

Dans ce récit romancé, dont le rythme n’est pas sans rappeler le jazz, le lecteur vit au plus près le quotidien du malade. Sans que rien ne lui soit caché. Pas même la beauté du décolleté des infirmières. «La sexualité est relativement tabou dans les centre français», explique Claude Pinault qui n’a pas fini de dire sa vérité. Aujourd’hui, il se prépare à écrire un deuxième roman consacré au monde des maraîchers de l’Orléanais et au secret de sa famille tout en espérant voir bientôt Le syndrome du bocal adapté au cinéma. Dernièrement invité du festival “De la plume à la toile”, l’écrivain a rencontré deux réalisateurs qui sont intéressés par son histoire. Son témoignage ne cesse d’ailleurs de susciter les réactions. France 2 vient de préparer un reportage sur lui pour le 20h, les professeurs de médecine lui demandent de venir parler de comment il a apprivoisé la douleur. Sans parler des malades qui apprécient son regard juste et humain sur leur quotidien, notamment sur son site Internet. Et ce n'est peut-être que le début des surprises sous la plume de Claude Pinault.

Commentaires
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France COTTET  - bravo   |2009-08-27 16:45:03
Magnifique leçon de courage, bonne continuation à vous.
Sylvie  - demande de parrainage     |2009-09-24 12:30:05
Bonjour monsieur Pinault;
Bravo à votre courage votre ténacité! je suis
présidente fondatrice de l'association le lever de soleil des pit'chounes.voir
notre site internet ;
Nous feriez vous l'honneur de parrainer notre association
j'admire votre courage et votre ténacité vous feriez un bon parrain et un
exemple de belle leçon de vie pour apportez du courage aux parents et à leurs
enfants handicapées par la maladie.
Contacter l'association au 06-34-55-88-88
merci .
Cordilales salutations.
Sylvie la présidente fondatrice de cette
association.
merceron  - guillain barre   |2010-01-26 21:38:15
Bravo monsieur. merci pour ce récit qui nous fait toucher du plus près, toutes
les émotions, vécues jour après jour, qu'on ne peut imaginer lorque l'on est pas
concerné. Plus jamais , en tout
cas, j'y veillerai, je ne rencontrerai
"l'autre" comme une 'curiosité'; Bravo pour votre grand courage, et
votre volonté, et quel espoir vous faîtes naître, j'espère, pour beaucoup de
"nauffragés"!..MERCI
janie
serot stephane  - Bonjour d'un ancien de l'ucpa   |2010-03-03 11:12:39
Monsieur Pinault
Ravi de vous retrouver même si vous ne vous souvenez
probablement pas de moi.
Je sevissais comme moniteur de ski il y a une
vingtaine d'années à l'UCPA de tignes ou vous veniez vous détendre quelques
semaines chaque hiver (c'était le bon temps)
Heureux en tout cas que vous
soyez sorti au mieux de cette terrible expérience.
N'hesitez pas à m'envoyer un
petit mot ,je suis toujours dans la région alpine, ce sera avec plaisir
BRUNET marie   |2010-03-13 18:59:52
bonjour,
Je viens de vous voir à la tv, et je vous ai reconnu ! je
crois......
il me semble que nous avons suivi le même cours de sculpture aux
beaux arts d'Orléans, il y a quelques années !! sans doute avec Mr Bordes
!

continuez vous ds cette voie ou l'ecriture prends t elle tout votre temps
?

félicitations, votre histoire est magnifique.

Marie
Faroudja   |2010-04-12 22:12:00
Bonjour Monsieur Pinault je tenais a vous féliciter pour votre courage et votre
volonté de vaincre la maladie. A la lecture de votre livre j'étais très émue et
en même temps admirative par votre courage votre livre me donne espoir pour la
suite de la maladie de mon époux qui lui aussi depuis le 15 Décembre 2009 est
atteint du syndrome de Guillain Barré suite au vaccin de la grippe H1N1 à ce
jour il n'est toujours pas debout et se trouve en clinique de reéducation
fonctionnelle en région Parsienne et comme vous il se bat pour sortir de cet
enfermement. Lui aussi vous connait et pense sans cesse a vous quand il se
trouve en salle de kiné. Encore toutes mes félicitations pour cette formidable
leçon de courage, bien à vous

Faroudja
Facchini Cyril  - Un ami   |2010-04-15 17:30:51
Salut Claude;

J'espère que tu vas bien et que ton projet cinématographique
avance avec assurance et ténacité !
Cordialement et à très
vite...
CyrilFacchini
blanchard christiane  - rencontre   |2010-06-10 12:26:37
bonjour claude
Souvenez-vous ...un samedi a Metz...ou vous m/avez invitée a
entrer dans votre bocal...."malgré la chaleur ambiante.." j/y suis
entrée et ne vous ai plus quitté..félicitation pour cette belle
écriture..!!!vous devriez aller explorer vos secrets de famille pour continuer
ce magnifique chemin de vie...un nom Salomon SALEM..
Merci infiniment pour
cette belle rencontre..Synchronicité des Fées
Je vous embrasse
JAMIN  - Hello   |2010-06-21 12:39:12
Hello, le "Glaude"

On vous a toujours suivi en pensée et quelquefois
rencontré en ville depuis que l'on avait fait connaissance via les soirées sympa
:-) entre parents d'élèves et amis d'une école privée de l'Est d'Orléans et on
voulait te dire toute notre admiration pour ton courage et notre joie que tu
t'en sois sorti. Bravo ! et bises à toi et Elisa

Martine et Michel
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