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Christophe Chaillou: Objectif législatives , le maire de St-Jean-de-la-Ruelle Version imprimable Votre email
05-09-2007

Les tentes de SDF campent place de la Loire à Orléans, les médias nationaux sont focalisés sur les actions des Enfants de Don Quichotte…Les problèmes du logement sont au centre de toutes les préoccupations politiques. De quoi conforter Christophe Chaillou, maire socialiste de St-Jean-de-la Ruelle (32% de logements sociaux sur la commune, presque le record de l’agglo). « Le droit opposable au logement, je suis d’accord mais il ne faut pas que cela soit de la poudre aux yeux…Le risque c’est que l’Etat, une fois de plus, se retourne vers les communes qui font déjà beaucoup d’efforts…Pour moi, la priorité consisterait d’abord à inciter réellement les communes à respecter la loi et à respecter l’objectif de 20% de logements sociaux ».

Approche classique, pas si sûr, car sur l’échiquier du PS local, Christophe Chaillou détonne. D’abord parce qu’il affiche une réelle sympathie pour le travaillisme à l’anglaise façon Tony Blair. De quoi renvoyer quelques vieilles lunes socialistes au vestiaire des idées reçues. La carte scolaire ? « Il faut l’adapter, notamment pour les collèges… » Les 35 heures ? « Il faut de la flexiblité ». Le modèle français, les services publics, « nous avons un devoir d’adaptation ». La pratique politique ? « Oui, je sais, j’essaie d’abord d’être constructif . Et à l’agglo, ( il est vice-président), certains de mes amis me reprochent ma modération. »

On l’aura compris, Christophe Chaillou, 42 ans entretient des relations plutôt complexes avec Jean-Pierre Sueur, sénateur PS du Loiret… Une question de génération et un grand besoin d’oxygène. Ce qui n’est pas pour lui déplaire afin d’aborder le duel qui va l’opposer à Serge Grouard, maire d’Orléans et député sortant de la 2ème circonscription. « Si Ségolène Royal est élue à la présidence de la République, le pays va vouloir lui donner une majorité d’action, la circonscription est gagnable. D’autant que beaucoup de jeunes issus de l’immigration se sont précipités pour s’inscrire sur les listes électorales… A St-Jean-de-la-Ruelle, il y a 7% d’électeurs en plus par rapport à 2002 ». Lors des législatives de 2002, justement, dans un contexte difficile pour la gauche Christophe Chaillou engrangeait 42,41% des voix au 2ème tour face à Serge Grouard. « Le meilleur score réalisé par un candidat PS dans le Loiret ». On l’aura compris, Christophe Chaillou, fait figure d’étoile montante du PS. Et si ses prises de position peuvent, parfois, déranger à gauche, c’est que son regard est nourri par son expérience internationale. Directeur de cabinet du secrétaire général du Conseil des communes d’Europe, ça permet de voir ce qui se fait ailleurs, de prendre de la distance par rapport aux débats franco-français…

Et c’est une suite de carrière logique pour l’ancien étudiant en droit, titulaire d’un Dess de gestion des collectivités locales et adhérent au PS depuis 1982. « Mes parents étaient de gauche, pas militants. Mon père travaillait comme agent de maîtrise chez Michelin. Et il a été envoyé deux ans dans l’Oklahoma aux Etats-Unis ». Une vraie aventure pour ce natif d’Orléans né dans une famille modeste, ses grands-parents maternels, réfugiés espagnols ne savaient pas lire ni écrire. « L’élection de François Mitterrand, j’avais 17 ans, nous l’avons apprise dans la voiture en famille, nous revenions d’une balade à Nashville, Tenessee. Une explosion de joie. Et de l’inquiétude car sur les médias US, la France paraissait vraiment menacée par le communisme ». De ce séjour aux USA, Christophe Chaillou est revenu bilingue et doté d’une vraie capacité à prendre du recul sur les faits et les hommes. « Très tôt, je me suis engagé. J’étais déjà adjoint-au-maire chargé de l’information à St-Jean-de-la-Ruelle en 1983. A la fac d’Orléans, les étudiants me regardaient parfois comme une bête curieuse. Ce tout jeune homme qui participait à des cérémonies officielles, qui s’occupait de sa commune. Beaucoup trouvaient que ça n’était pas de mon âge… ».

De cette jeunesse là, Christophe Chaillou a conservé un faux air d’enfant sage, toujours très prévenant avec ses interlocuteurs, un calme de tous les instants et une absence totale de prétention à la notabilité. Ce qui n’exclut pas l’ambition, il a déjà prévenu Jean-Pierre Sueur, « quelque soit l’avenir, la présidence de l’agglomération ne doit plus être assurée par le maire d’Orléans… ». Ce qui s’appelle prendre du poids politique.

Laurent Rouault

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