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Bertrand Noyal devient le week-end, .... Bran d'Armor Version imprimable Votre email
08-05-2008

Bertrand Noyal, 43 ans, animateur-éducateur actuellement sans emploi, n’est pas un Orléanais comme les autres. Depuis près de six ans, il est Bran -le corbeau en breton- d’Armor, maître d’armes de la Mesnie des Leus du val de Loyre. Il est tombé petit dans la marmite du Moyen-Âge avec les films, les livres, les bandes dessinées. Avec des copains qui pratiquaient également les jeux de rôle en grandeur nature et participaient au son et lumière de Cléry-Saint-André, ils ont voulu aller plus loin et vivre à la manière des compagnons de Jeanne d’Arc.

Vu son expérience en arts martiaux, Bran s’est tourné vers l’escrime médiévale et entraîne la troupe de la Mesnie des Leus. L’association compte une vingtaine de personnes. Plus qu’une association, c’est un mode de vie car ne rentre pas qui veut à la Mesnie des Leus. « Il faut s’aimer pour pouvoir s’engueuler. » Afin de connaître les aspirants qui désirent entrer dans cette famille des loups, une année d’essai est demandée. La Mesnie, ce n’est pas « faire le guignol en armure », il y a des tâches à faire sur un campement ! Alors on oublie le portable et le farniente sauce médiévale.


En dehors des campements dans toute la France, il y a l’entraînement toute l’année, la recherche historique en matière d’armes et de vêtements, la confection de costumes, la danse et la musique. Pour Bertrand, en dehors du maniement de l’épée, il y a aussi la fabrication des cottes de mailles. « Il y a six ans, une cotte coûtait 20 000 francs, j’ai donc appris à en fabriquer grâce à différents contacts dans des associations » explique celui qui est devenu spécialiste en la matière par nécessité. « Aujourd’hui, même si je voulais, je ne peux pas en commercialiser car on trouve désormais des cottes rivetées à 400€, faites au Pakistan. »

Le médiéval vit à l’heure de la mondialisation, même si pour le maître d’armes de la Mesnie, les meilleures armes sont polonaises ou tchèques. Comme la plupart de ses compagnons, il n’a pas qu’une seule corde à son arc et travaille également le cuir. Au-delà de l’aspect historique, cet éducateur aime particulièrement l’aspect pédagogique des animations de la Mesnie. « Vu que je suis de petite de taille, je peux faire essayer ma cotte de mailles aux enfants. Il y a un super contact avec les eux, même les petits durs », explique le guerrier qui avoue être content du public actuel. « La période Jacquouille la fripouille et Astérix et Obélix, c’est fini.

Les gens s’intéressent réellement au MoyenÂge et posent des questions pertinentes. Cela touche tout le monde, de l’ouvrier au professeur, car cela correspond à nos racines. » Peut-être croiserez-vous la silhouette en armure de Bran d’Armor sur le marché de Pontoise le week-end prochain, où se trouvera la Mesnie. Ou celle de Bertrand à Orléans, au détour d’une rue…

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