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Bernard Dubois : patron des patrons et homme de bonne volonté Version imprimable Votre email
24-10-2007

« Scandaleux, inadmissible, la justice doit se prononcer ! » Bernard Dubois, président de l’Union des Entreprises du Loiret, ne décolère pas. L’affaire des fonds secrets de l’Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie qui auraient servi à financer des syndicats vient brouiller encore un peu plus l’image du Medef… A charge pour lui, le patron des patrons du Loiret, de gérer la crise, en local. Cela le rondouillard et faussement jovial Bernard Dubois, 63 ans, s’en serait bien passé…

Il y a déjà tant à faire et les patrons, c’est bien connu, ne sont guère populaires. D’ailleurs le président de l’Udel, de sa vie, n’a jamais dirigé une seule entreprise… Quand au début de l’année 2000, à la faveur de la pire crise qu’ait jamais connue l’Union patronale du Loiret, il s’empare de la présidence, l’Udel est au bord du gouffre. « Une dette énorme, un déficit de 1,5 million d’euros.

L’on avait bâti la Maison des Entreprises à Orléans en 1997, une surface énorme. 2000 m2. Il fallait payer, c’était mal engagé et personne ne voulait prendre la présidence ». Et c’est Bernard Dubois qui allait s’y coller. Par orgueil, par défi et par sens du devoir. Aujourd’hui, les comptes sont redressés et les deux millions de budget annuel permettent à la structure et aux 13 salariés de travailler dans de bonnes conditions. Du coup, l’ancien cadre de chez IBM à St-Jean-de-Braye – il y a fait toute sa carrière pour l’achever comme responsable des RH en charge de 5000 personnes – y a gagné un surcroît d’estime auprès des décideurs locaux. L’homme inspire, il est vrai et depuis longtemps le respect. Son humanité profonde en fait un interlocuteur apprécié de tous ou presque. Mais surtout son parcours force d’admiration. Un pur produit de l’école de la République qui consacre aujourd’hui une bonne partie de son temps à essayer de venir en aide aux jeunes en panne d’avenir professionnel. « Mon père était ouvrier dans la banlieue de Lille.

Il a attrapé la tuberculose très tôt et il est parti en Savoie de soigner… Alors moi, le gamin, l’aîné, je suis devenu très vite un peu chef de famille, le confident de ma mère trop seule ». Puis tout le monde a rejoint la Savoie. Là bas, un instituteur a trouvé que ce gamin si sérieux pour son âge avait une tête bien faite… Des études secondaires, une bourse et en 1967 Bernard Dubois sortait ingénieur diplômé de l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon. De quoi intégrer IBM deux ans plus tard et adopter définitivement les rives de la Loire. Avec une obsession : défendre les valeurs du mérite, de l’honnêteté et de la tolérance…

Et de la famille, aussi. Son épouse et ses deux enfants lui auront toujours pardonné son autoritarisme et ses rares emportements… « Ni de gauche, ni de droite parce que je conserver mon libre arbitre », Bernard Dubois offre une image plutôt atypique du patronat du Loiret. Il le sait, s’en amuse parfois. Etonne certains de ses amis et de ses pairs quand par exemple, il organise auprès de ses 500 adhérents une campagne de souscription au profit d’Orléans TV pour parrainer des émissions économiques destinées à valoriser l’image des entreprises du Loiret dans l’opinion publique… Au risque de donner l’impression de voler au secours d’une télé locale contrôlée par le groupe Hersant dont le plus illustre représentant, Philippe Hersant, homme d’affaires richissime, vit désormais en Suisse, loin de nos bons vieux impôts français… Mais maladroit ou trop naïf, Bernard Dubois reste incontournable et irremplaçable dans l’univers orléanais… Il a déjà donné au patronat local un supplément d’âme. Et c’est finalement l’essentiel.

Laurent Rouault

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