
Comme toujours au parti socialiste, les campagnes commencent avec un vote de militants. Jeudi 1er octobre, François Bonneau, seul candidat officiellement en lice, a été désigné par 94,3% des votants PS de la Région Centre pour mener en tête la liste PS aux régionales de mars 2010. Dans le même temps, les militants ont approuvé des résolutions visant l’organisation de primaires pour la désignation du candidat aux présidentielles et le principe de non cumul de mandat pour les élus… «L’acte 1 de la rénovation du PS», selon François Bonneau. La machine PS peut enfin s’ébranler et même si le fond de l’air de la campagne des régionales paraît plutôt favorable à l’opposition - pour cause de crise économique et sociale, de montée du chômage et de création de nouvelles taxes -, les socialistes ne sont pas au bout de leurs peines. D’abord se pose le problème des alliances et de la façon dont elles se noueront à l’issue du premier tour. Le «vieux» PS paraît de plus en plus débordé dans l’opinion publique par les écologistes. C’est désormais Europe Ecologie, fort de son succès aux européennes, qui a la main sur les futures listes que les Verts présenteront au 1er tour. Les perspectives d’un très bon score vert ne semblent pas irréalistes. Même si, sur le terrain, les leaders locaux passent un peu inaperçus.
Pour François Bonneau, cette ombre verte constitue déjà un sérieux écueil. Car comment élaborer un embryon de projet régional PS digne de ce nom avant le premier tour sans provoquer des inquiétudes chez les écologistes... Les Verts sont imprévisibles, parfois contradictoires et n’ont pas la réputation de maîtriser leurs militants. Pour résoudre cette délicate équation, François Bonneau va ainsi entamer sa campagne en organisant une bonne centaine de forums dans toute la région. Au programme : partage, écoute et dialogue avec les habitants. Et un avantage : on occupe le terrain en automne, on ne se mouille pas avant décembre… Pas question de froisser prématurément des alliés possibles. D’autant que du côté des alliés, il y a encore incertitudes de taille. D’abord, le comportement des communistes. Certes, sur le papier, le PC a été plutôt gâté en nombre de sièges lors de la dernière alliance. Aujourd’hui, les communistes envisagent de sortir du système d’alliance dès le 1er tour pour tenter leur chance avec le Front de Gauche. Le PC, maillon faible électoral d’une alliance avec le PS, essaie en Région Centre de sauver la peau de ses élus et cela promet d’être compliqué. Car François Bonneau l’a bien noté, c’est le chantier du MoDem qu’il va falloir travailler dans l’optique du 2e tour. Avec de nouvelles difficultés de positionnement en perspective. François Bonneau, à qui l’on reproche une image un peu lisse, un enseignant aimant un peu trop le verbe au détriment des projets précis, risque d’être piégé par ces contraintes. Au risque de faire une campagne défensive face à un Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Commerce, à l’Artisanat, clairement identifié ou identifiable, qui s’apprête à lancer des propositions fortes pour la Région Centre. Lui a peu de perspectives d’alliances à mettre en oeuvre sinon avec le Modem. Il lui faut donc convaincre sur sa personne et ses projets. Et incarner un renouveau spectaculaire.




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