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Jean-Pierre Sueur peut-il vraiment gagner ? Version imprimable Votre email
13-09-2007

Une douche froide. Jeudi 6 septembre, Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste du Loiret et ancien maire d’Orléans annonce, par voie de fax à la presse, le dépôt auprès des instances locales du PS de sa candidature à la fonction de tête de liste socialiste aux prochaines municipales à Orléans... Le seul candidat PS à l’investiture municipale qui se refuse toujours à dévoiler les noms de ses futurs co-listiers – il attend déjà le 24 septembre et le vote des militants orléanais – a choisi la sobriété…Il n’imagine pas que cette annonce provoque une flambée d’enthousiasme populaire. Mais ce qui va proprement consterner Jean-Pierre Sueur, c’est l’accueil médiatique. Le jour même sur Radio Bleu Orléans, deux « vieux » observateurs de la vie locale se livrent au cours de l’émission « Le Bûcher » à une critique en règle de l’ancien maire PS d’Orléans. Accusé d’être un « has been », coupable de ne pas avoir préparé la relève à gauche, d’incarner les valeurs du passé. Le lendemain dans la presse régionale, l’on souligne qu’au PS certains auraient préféré changer de tête de liste. Ambiance. Sans surprise, à droite, c’est avec des ricanements qu’on accueille cette candidature comme le dernier soubresaut d’un pan de l’histoire d’Orléans… A première vue, en effet, la tentative de reconquête semble particulièrement hasardeuse. Dans l’histoire de la Cinquième République, on ne compterait qu’un seul maire d’une ville de plus de 100.000 habitants à avoir réussi à reconquérir son siège après une défaite...Voilà pour les statistiques de probabilité. Mais l’accueil plutôt frais réservé à la candidature de Jean- Pierre Sueur s’explique en partie par la stratégie qu’a suivie l’éternel candidat socialiste : il a toujours refusé de travailler son image. Jean-Pierre Sueur n’a jamais semblé admettre véritablement les causes de son « injuste défaite » de 2001 où déjà pointait chez les électeurs un fort désir de renouvellement…

Ensuite, il s’est soigneusement abstenu durant ces années d’opposition de mettre en avant à ses côtés des hommes et des femmes qui auraient pu incarner une relève municipale possible. Et, l’on n’évoque pas ici les difficultés liées au seul parti socialiste. Il y a pire ! Jamais, le sénateur qui n’est âgé pourtant que de 59 ans n’a semblé prêté une quelconque attention à son allure. Des costumes sombres, très sombres. Un abord courtois, un peu passé de mode, un zeste de paternalisme désuet…Jean-Pierre Sueur ne donne pas dans le glamour. Et il a commis de lourdes erreurs de communication. Ainsi, on l’aura vu pendant des années, batailler au Sénat afin que les cendres funéraires se voient dotées d’un statut juridique…Un méritoire combat qui lui valut de nombreuses retombées médiatiques…Avec les dégâts que l’on peut imaginer chez un électorat jeune. Ancien maire compétent, à l’intégrité reconnue, solitaire, obstiné et un peu hors du temps, telle est l’image colle à la peau de Jean- Pierre Sueur au point de l’handicaper lourdement dans sa tentative de reconquête. Evidemment, l’homme qui est aussi un vrai animal politique qui possède son Orléans sur le bout des doigts va s’attacher à rectifier le tir dans les mois qui viennent. D’abord, pour renouer avec la modernité, il va s’entourer de nouvelles têtes. Il y a fort à parier que Christophe Chaillou, le jeune et compétent maire PS de St-Jean-de-la-Ruelle, postulant déclaré au siège de président de l’agglomération sera mis en avant dans la campagne collective que s’apprête à élaborer Jean-Pierre Sueur. Un Jean-Pierre Sueur qui va d’abord rassembler à gauche, façon de gommer les erreurs fatales de 2001 – à l’époque, il avait négligé le PC – et entamer une bataille au centre avec le renfort de personnalités issues de la société civile. Car, c’est bien le paradoxe de ces futures élections municipales – où la personnalité des candidats pèse toujours d’un poids réel sur le scrutin – Orléans n’a jamais donné à la gauche de meilleurs scores que lors des dernières élections législatives ( 48% des suffrages) et rarement un leader de gauche aura paru aussi peu en phase avec l’opinion publique. Une opinion publique versatile, sujette aux mouvements d’humeur nationaux. Alors, oui, bien sûr, Jean-Pierre Sueur part au combat dans un contexte local qui lui est défavorable mais l’évolution sociologique des grandes villes de France est favorable aux idées qu’il essaie d’incarner. Evidence biblique, pour vaincre, une remise en phase s’impose. Et il n’est pas interdit d’espérer quelques erreurs de la part d’un Serge Grouard qui, fonction de maire en place oblige, ne semble pas pressé mais alors pas pressé du tout d’entrer en campagne…

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