
Après une première partie de saison calamiteuse (le CJF pointe à la 9e place sur 10 de D1), une longue trêve de presque deux mois a permis au CJF Fleury de couper avec ce début d’exercice éprouvant mentalement. Les Panthères ont utilisé cette pause pour travailler, sous le regard attentif du coach, Christophe Maréchal, afin de réaliser une fin de parcours d'une toute autre nature. A quelques jours de la reprise en championnat, samedi 9 janvier face à Angoulême, la lanterne rouge, Wendy Obein, gardienne au CJF Fleury depuis six ans, confie dans quel état d’esprit se trouvent les handballeuses du CJF Fleury.
Après cette longue trêve, avez-vous
trouvé des explications à cette première
moitié de saison décevante ?
Il n’y a pas vraiment d’explication sinon il
nous aurait été facile de remédier à ce mauvais
début de saison. C’est surtout, je
pense, l’addition de plusieurs petites
choses. Durant l’intersaison, l’équipe a pas
mal changé puisqu’elle a été renouvelée à
40%, un nouvel entraîneur est arrivé et nous
avons également eu des joueuses importantes
blessées comme Oholanga-Loki. A
cause de tout cela, l’équipe a mis plus de
temps à trouver de la cohésion : les filles ont
eu du mal à trouver leurs places et elles
étaient un peu perdues sur le terrain.
Selon vous, la trêve vous a-t-elle fait du
bien ?
Je ne sais pas, mais elle nous a permis
d’oublier la défaite. Chacune des filles a pu
se remettre en question pour pouvoir repartir
du bon pied. Christophe nous a organisé
beaucoup de travail physique ; du foncier,
de la musculation... Il a aussi mis en place
des jeux individuels, notamment avec de
nombreux shoots, pour que nous reprenions
de la confiance. Et, je pense que le
collectif va mieux.
Pendant cette période difficile, le groupe
est-il resté soudé ?
Avec les filles, nous nous sommes pas mal
réunies pour nous dire les choses.
Il faudrait
être encore plus cash entre nous, mais il
faut faire attention aux sensibilités de chacune.
En tout cas, cela se passe bien dans
l’équipe ; les filles sont solidaires et il n’y
pas de tensions.
Vous allez reprendre le championnat
contre la lanterne rouge, Angoulême.
Est-ce un handicap ?
Nous aurons déjà joué un match de Coupe
de France, contre une D2 (NDLR : l’interview
a eu lieu juste avant la rencontre face
à Issy-les-Moulineaux – lire encadré). Cela
peut nous mettre dans une dynamique positive,
mais pour cela, il faut gagner. En plus,
comme nous ne jouons pas la Coupe de la
Ligue, l’objectif est d’aller le plus loin possible
en Coupe de France. Après, le déplacement
à Angoulême ne sera pas facile.
Lors des matchs aller, vous aviez gagné
contre Angoulême avant de ne concéder
que des défaites ?
Effectivement, les défaites contre Metz, Le
Havre, et surtout à Toulouse, nous ont
mises dans le dur. Après, tout s’est
enchaîné. Les filles n’étaient plus en
confiance, elles n’allaient pas aux shoots,
elles se mettaient de plus en plus de pression.
Et sur les quatre derniers matchs de la
phase aller, nous perdons trois fois d’un but.
Dont à Dijon où, normalement, nous n’aurions
jamais dû perdre (29-30). Mais, nous
enchaînions bêtise sur bêtise, peut-être à
cause d’un manque d’expérience, de cohérence
dans l’équipe.
Pour rompre cette série négative, qu’a-til
été fait ?
Christophe Maréchal a essayé d’être plus
dur avec certaine joueuse. Il a mis de la
concurrence, il a essayé plusieurs systèmes.
C’était une mauvaise période donc il
a tenté plusieurs choses mais nous étions
en plein doute et nous ne faisions plus ce
qu’il fallait faire sur le terrain.
Quels sont vos objectifs pour la fin de
saison ?
Nous ambitionnons toujours d’accrocher
une des six premières places, ce qui nous
permettrait de participer aux play-offs.
Mais
nous voulons avant tout nous maintenir car
ce n’est pas encore fait.
Ne trouvez-vous pas le championnat
plus relevé que la saison dernière ?
Le championnat est plus dur car il n’y pas
d’équipes faibles, toutes les formations
étant très homogènes. Nous le savions, car
avec le passage à 10 clubs en élite, le
niveau s’est resserré. En plus le championnat
français compte beaucoup de bonnes
joueuses étrangères, ce qui le relève
encore plus.
Le CJF Fleury est ambitieux, mais cela
fait quelques années que les résultats
déçoivent...
Je suis une ancienne et c’est vrai que
depuis quatre ans, nous n’y arrivons pas.
Pourtant le club met plein de choses en
place pour que nous obtenions des résultats.
Nos partenaires et les dirigeants sont
derrière nous, nous soutiennent, nous
encouragent. Je ne sais pas pourquoi cela
ne fonctionne pas.
Que pensez-vous du parcours de
l’équipe de France (qui a décroché l’argent)
lors des championnats du monde
au mois de décembre ?
Ce que les filles ont fait est exceptionnel !
Elles ont montré beaucoup de combativité,
de rage, de hargne malgré la jeunesse du
groupe. Il faut que cela nous serve d'exemple
car, parfois, nous avons manqué de
niaque en fin de matchs.
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