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les agriculteurs victimes de deux mois de sécheresse Version imprimable Votre email
Écrit par Tribune Orléans   
08-10-2009

Difficile à s’imaginer, surtout après l’arrivée des dernières averses, que les agriculteurs du département puissent être touchés par la sécheresse. Pourtant la météo a battu des records au niveau de la pluviométrie. En cumulant les mois d'août et de septembre, selon Météo- France, c’est la troisième période la plus sèche connue depuis l’installation de la base aérienne de Bricy. Au total, 37,2 mm de pluie sont tombés pendant cette période. Le record date de 1959 avec 30,7 mm. «C’est assez exceptionnel, surtout si l’on compare avec l'été 2003 qui avait été sec et où on observait 48,4 mm», commente Jean-Claude Raynaud, délégué départemental de Météo France. Surtout avec des températures un peu supérieures aux normales et un ensoleillement excédentaire, cela donne un temps sec. Du côté de la chambre d’agriculture du Loiret, c’est à partir du 15 août que la sécheresse a posé problème : «on a arrêté un peu tôt d’irriguer et perdu un peu en betteraves et en maïs. Il y a aussi des problèmes avec les semis de colza car ils ont une levée irrégulière», explique Xavier Girard, directeur du service d'agronomie. Mais ce qui fait rager le monde agricole, c’est la directive nitrates qui les a obligés à semer des cultures intermédiaires pièges à nitrates (CIPAN). «Comme il n’y a quasiment pas d’eau, les nitrates ne posent pas problèmes.

Cela ne ruisselle pas, mais c’est une culture qui n’est pas valorisée pour les producteurs qui ont fait cet investissement», commente Xavier Girard. Jean-Marc Leluc, président de l'association des irrigants du Loiret est bien placé pour parler de ce problème. «Ce n’est pas avec le peu de pluie qui tombe actuellement que cela va changer quelque chose», témoigne l’intéressé qui constate les conséquences au niveau des cultures légumières qui ne sont pas irriguées et du colza. Ce qui devait être la première année avec des champs couverts à l'automne par ces cultures anti-nitrates est un échec car rien ne lève. «Cela occasionne des frais inutiles aux agriculteurs qui ont joué le jeu ou n’ont pas eu le temps de bénéficier de dérogation», commente Jean-Marc Leluc. Il y voit une preuve du bon sens paysan. «Cela peut marcher dans la Manche mais pas dans notre département», commente Jean-Marc Leluc, «il y a longtemps que nous n’avons pas eu un climat aussi sec, surtout au nord du département. Les feuilles de betterave sont fanées et sur certains arbres, elles sont déjà en train de tomber».

Des pertes financières, il y en a déjà surtout dans l'Est du département qui a connu des arrêtés sécheresse qui interdisaient l'irrigation : «le potentiel de rendement d'un colza mal levé est divisé par deux. Il y a aussi les betteraves, l'investissement dans les CIPAN pour rien mais aussi le matériel qu’on casse dans les champs tant la terre est sèche comme du béton.» La recharge des nappes phréatiques et rivières est aussi préoccupante, même si les restrictions préfectorales de crise ont été levées, le 5 octobre dernier. L'état d'alerte est toutefois maintenu dans le secteur du Fusain montargois. Le bassin versant du Loiret Dhuy n'a pas retrouvé une situation normale et l'indicateur de la nappe de Beauce est encore en baisse. «Il en encore trop tôt pour savoir si le taux de précipitations à venir pourra recharger les nappes», observe Jean-Claude Raynaud, «lorsque la terre est aussi sèche, elle absorbe mal. Normalement, c’est fin octobre que les nappes se rechargent. Cette année, il faudra attendre un mois et demi à deux mois de plus». Aujourd’hui, paradoxe, le monde agricole redoute l’arrivée d’orages... les empêchant d’aller aux champs.

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