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Fuites d'eau : le classement des communes de l'agglo Version imprimable Votre email
Écrit par Charles Centofanti   
26-11-2009

canalisation-eau_2925.jpgLes communes de l’agglo d’Orléans présentent un taux de fuites d’eau potable inférieur à la moyenne nationale de 25%. Certaines communes sont cependant meilleures que d’autres dans la lutte contre le gaspillage de «l’or bleu» : c’est le cas d’Olivet et St- Jean-le-Blanc. A l'inverse, Fleury-les-Aubrais rattrape son retard mais revient de loin… Audelà de l’aspect financier, l’enjeu essentiel se situe, selon les entreprises délégataires du service public, sur le terrain écologique. A Orléans, le taux de rendement, c’est-à-dire l’écart entre la quantité d’eau traitée puis injectée dans le réseau et le volume qui arrive au compteur des habitants, s’élève à 86%. Soit un taux de perte de 14%. Sur l’ensemble de la production annuelle de l’usine du Val, 6,7 millions de m3 d’eau sont consommés et un million de m3 sont perdus dans la nature «en réalité entre 600 000 et 700 000 m3 de pertes physiques », insiste Didier Vallon, directeur régional de la Lyonnaise des eaux (groupe Suez Environnement). «Nous avons amélioré le rendement de 15% en 23 ans et le taux de fuites physiques n’est que de 10% !» Car selon lui, la différence de 4%, entre le taux de fuite théorique et les fuites physiques, s’explique par la quantité d’eau purgée mais pas facturée. Ce peut être le cas lors de l'entretien, de l’intervention des pompiers ou lors de prélèvements sauvages...

«Sans compter que les compteurs ne sont pas tous neufs, ils ont un débit de démarrage, un robinet qui goutte légèrement pourra par exemple ne pas être mesuré.» Quoiqu’il en soit, il l’assure : Les 10% de fuites d’eau n’ont «pas d’impact ou de façon très marginale» sur la facture de l’usager. «Le prix de l’eau (soit environ 3,40€ le m3 avec les taxes et l’assainissement) est défini par un contrat signé avec la ville d’Orléans, les fuites sont prises à notre charge.» Et apparemment le cercle est plutôt vertueux : 281 fuites ont été colmatées en 2006, 264 en 2007 et 212 en 2008. «La situation est très bonne à Orléans, on peut encore l’améliorer mais ça devient difficile. L’objectif désormais c’est de travailler sur les consommations et les compteurs individualisés pour responsabiliser les gens», témoigne Marie Cugny-Seguin, adjointe au développement durable. Et depuis cinq ans, la consommation des particuliers a déjà diminué de 12%. A Fleury-les-Aubrais, commune où la polémique a été vive, sachant que le taux de rendement a régulièrement baissé pour atteindre 70% en 2007, la situation s’améliore même si la commune reste à la traîne. «Pour une situation urbaine, on s’attend à au moins 80% de rendement», reconnaît Sébastien Bresson, responsable d’exploitation à la Saur, liée à Fleury par un contrat de concession. «Nous avons stabilisé la situation en 2008 et nous avons convenu avec la ville d’installer 80 capteurs sur le réseau pour “écouter” les fuites la nuit. Avant il n’y avait pas de moyens techniques pour les déceler sur un réseau enterré de 95 km, c’était chercher une aiguille dans une meule de foin.» Cette année, la Saur annonce un taux de rendement prévisionnel de 78%, soit 150 000m3 préservés par rapport à la situation de 2007, avec pour objectif d’atteindre les 85% d’ici à 2020. Mais les 22% de volumes perdus sont à relativiser, selon la Saur : «C’est nous qui payons.

Dans nos métiers, entre 80% et 90% des charges sont fixes, ce qui nous coûte c’est la main d’oeuvre. Les 10% restant ce sont les seules charges variables : l’électricité et les produits de traitement.» Toujours estil que 450 000€ sont provisionnés chaque année, jusqu’à 2020, pour le renouvellement des canalisations. Et ailleurs dans l’agglo ? Le taux de rendement est de 84% à St-Pryvé-St-Mesmin (Lyonnaise). De 87% à St-Jean-de-Braye (Saur) et d’environ 80% pour les communes du Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable des vals de Loire-Bionne Cens (Chécy, Boignysur- Bionne, Bou, Mardié, Combleux…). Parmi les communes dont la distribution de l’eau est gérée par Véolia, Olivet affiche le plus fort taux de rendement (96,2%), «le fruit d’opérations de longue date», selon Bruno Longépé, représentant de Véolia Eau. St-Jean-le-Blanc présente un taux de rendement de 94%, Semoy 89%, Ormes 88% et St-Denis-en-Val 87,4%. A Saran, où le service de l'eau est géré en régie municipale, le taux est de 84% et, là encore, on assure que «le volume d'eau perdu n'est pas répercuté sur la facture de l'usager». Au final, seul l’argument écologiste est avancé par les délégataires pour justifier la chasse au gaspillage d’eau. Et même là, Didier Vallon veut relativiser : «Globalement on prélève de l’eau de la Loire, les fuites physiques retournent vers la nappe. Les gens ont tendance à faire un parallèle entre le pétrole, où l’on consomme du capital et l’eau dont la quantité sur Terre ne varie pratiquement pas.» Gabriel Riou, directeur de la délégation régionale à l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, nuance toutefois l’argument selon lequel les fuites ne coûteraient rien : «Il y a un impact économique et cela participe au taux de CO2. Les fuites viennent peser dans les charges mises en avant lors de la négociation… Ce n’est donc pas tout à fait neutre.» Surtout dans un contexte où les restrictions d’eau posent de plus en plus problème.

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