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Sale temps pour les champignons ! Version imprimable Votre email
Écrit par Tribune Orléans   
15-10-2009
sortie-myco-rn-2006-ah.jpgSécheresse oblige, les champignons se font rares. C’est ce qu’indiquent les mycologues et les ramasseurs. «Les seuls que l’on trouve en ce moment, sont ceux qui poussent sur le bois», explique Michel Corgier, mycologue de Loiret nature environnement, «ils se nourrissent de la sève. Quelques-uns sont comestibles». Dans cette catégorie, le promeneur peut ramasser la langue de boeuf, un champignon aplati de couleur rose-rouge, qui se développe au pied des chênes ou châtaigniers, la poule des bois –grifola frondosa- au pied des feuillus. «On peut en voir au domaine du Donjon à Olivet», indique le mycologue. Sans oublier le chou-fleur des forêts – sparassis crispa- qui croît au pied des pins. Pour l’heure, c’est tout ce que les bois offrent en attendant les champignons tardifs. Les girolles, champignons d’été, touchent à leur fin et ont déserté les sous-bois. Jean- Claude Vérité à La Ferté-Saint-Aubin, collecteur présent sur les marchés d’Orléans, n’a pas vu de ramasseurs dernièrement. «J’ai eu quelques champignons ce weekend et là j’ai un tout petit peu de cèpes», indique celui qui a vu les prix s’envoler, «je vends cela à 20€ le kilo mais ce n’est pas le prix du marché. Celui-ci tourne à plus de 30€. J’ai une clientèle d’habitués à qui je préfère les vendre... Sinon cela ne partirait pas.»
Pourtant, traditionnellement en cette saison, il propose des trompettes de la mort, des pieds-de-mouton et notamment des chanterelles grises. «Tout ce qu'on trouve actuellement sur les marchés et dans les supermarchés vient de l’étranger», témoigne Thierry Gauthier qui gère les commandes maraîchères dans la grande distribution, «la girolle provient du Canada, on a eu de la trompette de la mort de Bulgarie… Comme il n’y a rien en France, les prix de l’importation ont doublé en huit jours.» La forêt d’Orléans comme celle de Sologne sont propices à la cueillette lorsqu’il n’y a pas de sécheresse. Difficile d’être plus précis, «surtout en Sologne où une chape de silence entoure ce sujet», glisse Jean-Claude Vérité. «Chaque famille a ses coins», assure Thierry Gauthier, ramasseur solognot à ses heures. Michel Corgier conseille, lui, la forêt d’Orléans car elle est plus accessible que la Sologne, et ses nombreuses propriétés... Mais il est possible de faire de belles trouvailles en forêt domaniale de La Mothe-Beuvron. Y a-t-il une filière parallèle du champignon? Pas vraiment indiquent les spécialistes, «ceux qui le font n’en vivent pas». Il n’y a pas non plus de guerre du champignon. «Tout simplement parce qu’il y a moins de gardes dans les propriétés de Sologne», raconte Thierry Gauthier, «il fut un temps, les champignons constituaient l’argent de poche des gardes. Cela pouvait entraîner quelques frictions. Les propriétaires n’aiment pas non plus les ramasseurs car ils font fuir le gibier». Les gens du voyage s’intéressent également à ce marché «mais ils ne font pas concurrence aux ramasseurs car ils démarchent directement les restaurateurs », observe Thierry Gauthier. Pour l’heure, tous attendent le retour de la pluie avec impatience.
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