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En cette Semaine du développement durable, le constat de Francis Valter est sans appel. Au chapitre des biocarburants, « le réseau de distribution du superéthanol E 85 est en retard », commente le chef du service bioproduitsbioénergie à la Chambre régionale d’agriculture. Seize mois après que sa commercialisation a été autorisée aux particuliers, l’E 85 est distribué dans à peine 300 stations-service. Le Loiret ne fait pas exception à la règle, vu que seuls cinq points de distribution y proposent ce mélange de 85% d’éthanol et de 15% de sans plomb 95.
À moins de vouloir faire le coup de la panne, un bon GPS est donc indispensable à bord ! « J’ai dû y rajouter les coordonnées des stations qui proposent du superéthanol », témoigne ainsi un Orléanais converti de longue date au “carburant vert”. Parmi les cinq pompes évoquées, l’agglomération orléanaise n’a droit qu’à une seule. Celle de l’hypermarché Leclerc de Fleury-les-Aubrais ...
qui selon nos informations et vu l’absence de concurrence, connaît une fréquentation satisfaisante. Ça n’est toutefois pas le cas au Super U de Baule. En service depuis fin septembre, la seconde pompe de superéthanol la plus proche d’Orléans n’écoule en moyenne que 15 000 litres par mois, sur un total de 825 000... Le nombre de stations-service qui distribuent du biocarburant augmente toutefois à la vitesse d’une Formule 1. Il a doublé ces six derniers mois en France et l’objectif est de porter leur total à mille d’ici la fin d’année. Sauf que les véhicules “flexfuel” -autant capables de rouler avec de l’E 85 qu’avec du super sans plomb 95 ou un mélange des deux- se retrouvent pénalisés par le nouveau système de l’écopastille. Les concessions Ford d’Orléans, Olivet et Blois en savent quelque chose. « Depuis le 27 décembre, la plupart des véhicules flexfuel neufs sont frappés d’un malus », observe Sylvie Devos, responsable administrative et commerciale des trois concessions. Le dispositif était pourtant sensé encourager l’achat de véhicules plus respectueux de l’environnement...
Pour la catégorie flexfuel, « l’Etat a estimé qu’il n’avait pas la garantie que les utilisateurs allaient rouler au superéthanol et a uniquement calculé le montant de l’écopastille sur la base d’une utilisation avec 100% d’essence », déplore Sylvie Devos. La Focus 1,8 litre 125 chevaux se retrouve ainsi taxée d’un malus de 750€ à l’achat. Entre un plein de superéthanol à 48 € contreauminimum80€avec du super95, le choix est pourtant fait d’avance ! La mesure évoquée a forcément joué sur les ventes. Lors du premier trimestre, seuls deux véhicules flexfuel ont été vendus dans les trois concessions Ford citées, au lieu d’une trentaine en 2007. Sauf si le projet de loi du Grenelle de l’environnement adopte une disposition plus favorable, on voit donc mal comment le nombre de pompes distribuant de l’E 85 pourra augmenter au rythme fixé. En attendant, les pouvoirs publics font preuve d’une certaine ambivalence sur la question. Tantôt en dissuadant l’utilisation du superéthanol, tantôt en l’encourageant. C’est ainsi qu’en Région Centre et comme dans huit autres, la carte grise... est gratuite pour tous les véhicules flexfuel. Une mesure qui l’an dernier, a représenté une aide de 85 000 € de la part du conseil régional.
Pierre Donard
Les collectivités locales montrent plus ou moins l’exemple Sur l’agglomération d’Orléans, les énergies propres prennent une place croissante dans les flottes des collectivités publiques. Mais la part des biocarburants y demeure très réduite. C’est le cas parmi les 308 véhicules de la Ville d’Orléans, où une expérience a pourtant été tentée en ce sens à la fin des années 80. « Il n’y a pas eu de suite », constate Christian Glouzouic, le directeur du patrimoine communal. À ce jour, la mairie compte néanmoins 43 véhicules “propres”, dont 28 fonctionnent au GPL, cinq au gaz naturel de ville et dix à l’électricité. Au fur et à mesure du renouvellement du parc, « l’objectif est de remplacer chaque véhicule par un modèle “propre” », indique Christian Glouzouic. Encore faut-il que ces mêmes modèles soient adaptés aux besoins des services concernés. Mais là, constate le responsable du patrimoine de la Ville d’Orléans, « l’offre n’est pas pléthorique... » Le Département non plus ne possède aucun véhicule flexfuel, mais a entrepris les démarches pour faire auditer son parc fort de 297 voitures, camions et autobus. Ceci pour faire établir « des propositions de véhicules moins consommateurs et moins pollueurs », précisent ses services. Même démarché du côté de la communauté d’agglomération d’Orléans, où une réflexion concernant les véhicules propres est prévue dans le cadre du prochain projet communautaire. L’Agglo a d’ores et déjà fait le choix depuis 2003 d’alimenter une partie de son parc d’autobus diesel avec 30% de diester issu d’huiles végétales. À ce jour et sur les 200 véhicules exploités par la Setao, 29 roulent avec ce biocarburant et sont équipés de filtres à particules. Au total, 85 autobus de la communauté d’agglomération répondent aux normes “Euro 3” et “Euro 4”, qui fixent les limites maximales de rejets polluants pour les véhicules.
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