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La remontée de la Loire perturbe la faune Version imprimable Votre email
05-06-2008

Le niveau de Loire est relativement haut pour une fin de printemps. L’autochtone y est habituémais qu’en est-il des animaux ? « Les oiseaux sur la Loire vont être lessivés », lâche Marie-des-Neiges de Bellefroid qui s’occupe des études et recherches à Loiret nature environnement. « Les plus touchés sont ceux qui nichent au bord de l’eau. Le plus problématique est pour les sternes pierregarin et naines car elles nichent àmême le sable. Si le niveau du fleuve continue de monter, elles ne pourront plus pondre cette année et il n’y aura pas de jeunes en 2008. C’est ce qui s’est déjà passé l’année dernière. » Chez les canards, les jeunes sont déjà nés et peuvent survivre. Les petits gravelots, de la famille du vanneau, pondent en revanche sur les grèves et sont obligés de nicher plus haut.

Pour les prédateurs piscivores tel le balbuzard, ce n’est pas la ponte qui est perturbée,mais la pêche. Ils se rabattent sur les piscicultures... « On espère que le niveau de l’eau va baisser » explique un peu inquiète la naturaliste citée. « Deux années de suite, cela ne joue pas sur une population mais sur dix ans, c’est plus ennuyeux. En plus, les sternes sont déjà vulnérables avec la présence de l’homme. »

Pour les poissons, la montée du niveau du fleuve permet parcontre d’avoir des frayères de bonnes qualité. Selon Thierry Gauthier, le niveau actuel de la Loire ne joue guère sur la reproduction mais sur la remontée des poissons tel le saumon. « On est également en pleine saison pour voir remonter les anguilles », développe le secrétaire de la fédération de pêche du Loiret. Quant aux insectes, ils s’éloignent en période de cruesmais recolonisent les lieux très peu de temps après tel que les araignées, présentes sur les îles au milieu du fleuve. « Les spécialistes émettent l’hypothèse qu’elles résistent sous l’eau » souligne Michel Chantereau, le conservateur de la réserve de Saint-Mesmin.

Mais concernant les insectes et lesmammifères, aucune étude n’a été menée jusqu’à présent pour savoir comment ils s’adaptent à la remontée soudaine des. Les naturalistes constatent seulement des perturbations, mais aussi des adaptations. « On sait par exemple que les taupes ont trouvé une technique pour soit s’accrocher soit nager car elles laissent des traces visibles 48h après la décrue », commenteMichel Chantereau. Quant au castor, « il s’accroche aux arbres. » Les espèces les plus faibles, tel le rat des moissons voient en revanche leurs nichées détruites. Pour Michel Chantereau, lesmontées du niveau de la Loire « font partie de la respiration naturelle du fleuve. Là, il s’agit seulement d’une petite crue de printemps.Au niveau des animaux, c’est la sélection naturelle qui s’applique... » Gaëla Messerli

Un débit moyen « dans la médiane » La hauteur de la Loire au niveau d’Orléans pourrait sembler inhabituelle pour la saison. Mardi après-midi, il approchait ainsi les 1m20 au niveau du Pont royal. Mais la Direction régionale de l’environnement de la région Centre dément catégoriquement le caractère exceptionnel du phénomène. Mardi àOrléans, le fleuve affichait certes un débit d’environ 550 mètres cubes par seconde « mais le débit moyen enregistré en mai a été totalement dans la médiane des observations faites ces 45 dernières années », insiste le service qui à la Diren du Centre, est en charge des prévision de crues sur la Loire, le Cher et l’Indre. En réalité, le niveau de la Loire dite “tourangelle” résulte en très grande partie des précipitations tombées quatre jours plus tôt environ au niveau de l’Allier, du Morvan et de l’amont du fleuve.

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