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L'eau de la nappe de Beauce a tout juste suffi à irriguer les cultures Version imprimable Votre email
04-09-2008

La campagne d'irrigation tire à sa fin dans le Loiret, en particulier la Beauce. Et la pluviométrie de l'hiver dernier n'a pas obligé d’y arroser les champs de céréales moissonnés cet été. Conséquence : les prélèvements dans la nappe de Beauce se sont avérés suffisants pour l'agriculture. Au printemps et après d'âpres discussions avec la profession agricole, le préfet les avait pourtant limités à seu lement 45% du volume de référence propre à chaque exploitation. Conséquence d'une baisse continue de la nappe depuis 2001, ce plafond atteignait encore 65% l'an passé et 86% en 2006.

En réalité, les exploitants «ont eu de la chance», estime Jean-Marc Leluc. Pour le président de l'Association des irrigants du Loiret, seuls les épisodes pluvieux qui se sont succédés depuis la fin juillet ont permis aux producteurs de betteraves, de maïs et de pommes de terre de se contenter des quotas qui leurs avaient été assignés. Malgré tout, «des agriculteurs se sont retrouvés à la limite de leur droit de prélèvement.» Difficile dans ces conditions pour les irrigants d'envisager à l'avenir une réduction supplémentaire de leurs prélèvements dans la nappe de Beauce.

«On est allé aux limites du raisonnable», soutient même leur président, d'après qui «la profession agricole ne pourra pas accepter une nouvelle baisse du quota.» Sans compter que s'y est ajoutée fin juillet une nouvelle contrainte pour les exploitants du Nord-Est du département. Après un mois sans la moindre goutte de pluie ou presque, la préfecture a restreint l'usage de l'eau aux abords du Fusain, de la Bezonde et du Puiseaux. Ces affluents du Loing ayant tous trois atteint leur niveau d'alerte, décision a été prise d'interdire l'irrigation des cultures sur leurs bassins versants. Du moins à raison de 24 heures par semaine.

«En cas de franchissement des débits de crise, cette interdiction aurait été portée à 48 heures», rapporte Nicolas Meyer, le responsable du service de l'eau à la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt. Là encore en raison des pluies d'août qui ont fait remonter les rivières, tel n'a toutefois pas été le cas. À tel point que Nicolas Meyer annonce la possibilité «d'abroger ou modifier l'arrêté pris fin juillet», en fonction des nouvelles mesures de débit prévues très prochainement. En attendant, tout laisse à penser que les mesures prises cette année ont joué sur l'amélioration de la nappe de Beauce. Après sept années de baisse continue, son niveau connaît cette année «une légère recharge», observe Nicolas Meyer. Pas seulement, sans doute grâce à la relative clémence du ciel.

Des forages à déplacer

Même l'association des irrigants du Loiret est d'accord sur ce point. Le déplacement des forages agricoles proches des cours d'eau «est une nécessité» aux yeux de Jean-Marc Leluc. Personne aujourd'hui ne parait contester leur impact négatif sur les rivières. Une vingtaine
sont identifiés dans le département, principalement le long du Fusain. Le tout est de savoir qui va payer le déplacement des forages en question, sachant qu'il en coûte environ 100 000 € chacun. «Il reste à trouver les financements», admet-on à la Direction départementale
de l'agriculture. Au motif qu'il s'agit d'après elle «d'une mesure d'intérêt général» et pas au seul bénéfice des agriculteurs, l'association des irrigants exige carrément une aide égale... à 80% du coût des travaux et apportée par les agences de l'eau. Peut-être la goutte d'eau qui risque de faire déborder l'eau des forages.

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