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Fleury-les-Aubrais : près d'un tiers de l'eau potable repart dans le sous-sol ! Version imprimable Votre email
Écrit par Pierre Donard   
09-10-2008

L'adjointe MoDem au Développement durable de Fleury-les-Aubrais, Monique Lemoine, n'en revient pas. L'an dernier, «près de 580 000 mètres cubes d'eau potable» pompés puis traités au profit des Fleuryssois sont repartis d'où ils venaient : dans le sous-sol ! Pas moins de 29% du total de l'eau prélevée dans la nappe de Beauce se sont échappés du réseau communal, dont la gestion est confiée à la Saur. Il faudrait près de 8000 ans à un Français pour consommer la totalité de ce qui a été ainsi perdu l'an dernier ! Doux euphémisme, «ce rendement peut paraître surprenant à l'heure du développement durable», admet le directeur régional de la Saur. Certes, à Fleury comme ailleurs, ces pertes incluent celles que la profession considère comme “liées au service” et non facturées.

En particulier l'eau que les sapeurs-pompiers prélèvent en cas d'incendie et celle qu'il faut purger pour éviter les phénomènes de stagnation dans les canalisations. Mais ces volumes «ne représentent que 5 à 10% de l'eau injectée», admet le cadre cité, qui ne peut que constater une chose. «Le réseau de Fleury-les- Aubrais affichait un rendement supérieur à 90% voilà dix ans.» Ni les 400 000 € que la mairie consacre chaque année en moyenne à son renouvellement, ni les campagnes de dé tections de fuites qu'organise le délégataire n'ont enrayé la dégradation. «Il va donc falloir changer de braquet », admet-on du côté de la Saur. Le prochain conseil municipal de Fleury-les-Aubrais devrait statuer sur l'adoption d'un programme d'investissement destiné à mettre les canalisations communales sur écoute. Une centaine de capteurs acoustiques sont prévus pour y traquer dans un rayon de 200m le moindre sifflement qu'occasionne une fuite. La facture -1,6 million d'euros à la charge de la commune- paraît certes salée à Monique Lemoine. «Mais elle n’aura pas d’incidence sur le prix de l’eau», assure Thierry Beyne. La Saur en attend quand même une sérieuse remontée du rendement. «Nous nous sommes engagés à ce qu'il revienne dès 2012 à un taux compris entre 75 et 80%», annonce son directeur régional.

Et mieux, «85%en2020», quand s'achèvera le contrat qui lie le délégataire et la commune. Aussi surprenant qu'il y paraisse, le rendement actuel de Fleury-les-Aubrais est pourtant «dans la moyenne nationale», relativise Thierry Beyne. En France, seul 72% du volume d'eau potable mis en distribution est réellement consommé. Mais la comparaison s'arrête là, car les principales communes de l'agglomération affichent des performances bien meilleures. Lui aussi géré par la Saur, le réseau de St-Jean-de- Braye -il est vrai «moins ramifié qu'à Fleury, donc plus facile à surveiller», objecte Thierry Beyneaffiche un rendement de 87%. Même chose concernant celui de St-Jean-de-la-Ruelle, directement exploité par la Ville. Où encore Olivet qui en consommant plus de 95% de l'eau qu'elle produit, affiche carrément un record. Last but not least, Orléans a pour sa part atteint l'an dernier un honorable rendement de 85%. Grâce en particulier à l'emploi d'un agent qui recherche les fuites à plein temps, «nous avons gagné six points en dix ans», s’y réjouit Daniel Minc, le chef d'agence de la Lyonnaise des eaux. Rien qu'entre 2006 et 2007, 253 000 m3 ont ainsi été sauvés du gaspillage. Ycompris au bénéfice du délégataire car comme le souligne Thierry Beyne, «plus il y a de fuites, plus il faut pomper d'eau et plus cela lui coûte cher en énergie dépensée et en traitements.»

Commentaires
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Anonyme   |2008-10-09 18:11:35
Elle n'est pas MoDem Monique Lemoine
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