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Eco-conduite : les formations restent rares pour les particuliers Version imprimable Votre email
26-06-2008

D'un côté, des entreprises et des collectivités qui se penchent de plus en plus sur la question. Et de l'autre, une offre de formation où tout reste à faire à destination des particuliers. Tel est, en eu de mots, l'état des lieux de l'éco-conduite en France qui en la matière, reste passablement en retard vis à vis de la majorité des autres pays européens. À commencer par la Suisse et l'Allemagne, où voilà belle lurette que l'on pense à
couper son moteur aux feux rouges - chose plus difficile en France, du fait que ces derniers passent directement au vert-.

Les entreprises de transport routier sont parmi les premières à avoir donné l'exemple en France. Un nombre croissant de camions sont d'ailleurs livrés avec des capteurs qui permettent de contrôler à distance non seulement leur vitesse, mais aussi leur régime moteur et une kyrielle d'information concernant le style de conduite du chauffeur.

Dans le sillage de La Poste et DHL, «la demande des entreprises qui possèdent une flotte de
véhicules commence à présent d'être forte», explique Jean-Philippe Monotte, le directeur général de l'Automobile-Club prévention. Une fédération qui rassemble 60% des automobile-clubs et dispense justement des formations à la conduite économique. Tout comme l'Automobileclub de l'Ouest qui après n'avoir reçu aucune demande l'an passé, constate désormais que les entreprises «viennent
petit à petit» à l'éco-conduite. Les collectivités territoriales y-compris, tel le Conseil général de Loire Atlantique. Du côté des particuliers, en revanche, c'est encore le désert. Il existe bien des offres de formation qui leurs sont destinées, «mais la demande est encore faible», constate t-on à l'Automobile-Club prévention.

Ce dernier a néanmoins lancé voilà quinze jours des stages d'une demi-journée à une journée
baptisés “Eco conduite attitude” qui précisément, ciblent les particuliers. François Desforges compte lui aussi parmi les rares formateurs à la conduite dite “environnementale” qui ne s'adressent pas exclusivement aux entreprises. Sa société, Sceve, propose des stages compris entre
75 et 100€ la demi-journée, vite amortis après quelques pleins d'essence. L'inconvénient pour les Orléanais est qu'il est basé à Grenoble, mais il se déplace pour des groupes d'une dizaine de personnes. «La demande des particuliers en matière d'éco-conduite restera de toute
façon très marginale comparée à celle des entreprises», prédit Stéphane Develter, consultant en sécurité routière basé en région parisienne. Il y a fort à parier, en effet qu'elle sera à l'avenir prise en charge dans le cadre des formations professionnelles.

 

Le permis de conduire devrait devenir plus écolo

En début d'année, le secrétaire d'Etat aux Transports avait indiqué vouloir mettre davantage l'accent sur la sécurité et l'éco-conduite, dans le cadre de la réforme du Permis de conduire. Directeur de dix auto-écoles à Orléans et vice-président de l'Union nationale des indépendants de la conduite -Unic-, Joël Cassegrain se dit lui-même favorable à la seconde mesure. Autant pour des raisons liées à l'environnement «que
pour inciter les gens à réduire leur vitesse autrement qu'en leur parlant de radars.» Les discussions concernant la réforme évoquée sont prévues pour débuter dès juillet, en attendant la discussion du projet de loi cet automne. «Le problème est que le gouvernement
veut un permis de conduire moins long et moins cher mais avec davantage de sécurité et d'éco-conduite», s'étonne Joël Cassegrain. L'accent devrait également être porté sur les formations post-permis. En attendant, une soixantaine d'auto-écoles en France ont fait un effort en direction de l'environnement grâce à l'acquisition de simulateurs de conduite. C'est sur ces appareils, désormais, qu'y sont dispensées les
cinq premières leçons pratiques. «Cela permet d'économiser dix litres de carburant par lève», assure Joël Cassegrain, qui possède cinq de ces machines. À raison de 90000 candidats annuels au permis de conduire, le bénéfice serait donc considérable pour l'environnement, si ce type de simulateur était généralisé.

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