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Crue de la Loire : aucun dégât à signaler mais des leçons à tirer Version imprimable Votre email
Écrit par Pierre Donard   
12-11-2008

Elle avait d'abord été annoncée à un niveau quasi-similaire à décembre 2003, quand la cote de 3m75 avait été atteinte au niveau du Pont royal. Au final, la Loire n'a pourtant pas dépassé les 2m46 samedi 8 novembre à Orléans. Et son pic de crue y est survenu avec deux jours de retard sur les prévisions initiales. Même s'il n'est plus tout à fait sauvage depuis que le barrage de Villerest tempère ses colères en amont de Roanne, le fleuve a une fois de plus rappelé son humeur capricieuse. Sans cet écrêtage, justement, «il aurait atteint 80 cm de plus au Pont royal», calcule David Goutx, le chef du Service de prévention des crues pour la Loire, le Cher et l'Indre. De prime abord, tout laissait croire que l'épisode serait identique à 2003 puisque dans les deux cas, les crues ont eu pour origine de fortes pluies tombées sur les Cévennes. Mais à la différence d'il y a cinq ans, décrypte David Goutx, «la Loire a perdu de sa vigueur en chemin car elle n'a pas été soutenue par d'autres intempéries sur le Morvan ou sur la partie aval de l'Allier.» Sans compter que la végétation encore présente sur son chemin a ralenti sa progression. En tout, une semaine s'est écoulée avant que les flots boueux n'arrivent jusqu'à Orléans. Mais attention, prévient le responsable cité : «Ce délai n'est pas indicatif par rapport à celui dont on disposera en cas de crue alimentée par des pluies en aval ! » Dans ce cas, il faudra sans doute compter sur deux jours de moins... Après celle de 2003, la crue de novembre 2008 constitue la plus importante survenue lors du siècle écoulé, tout juste devant l'épisode de février 1999.

 

N'ayant pas occasionné d'importants dégâts, elle a surtout permis de tester les changements intervenus il y a trois ans dans le domaine des prévisions. Jusqu'alors, explique David Goutx, «chaque département traversé par la Loire ou ses affluents disposait pour cela de son propre service.» Pas très pratique pour coordonner l'action, croiser les données et concentrer les moyens techniques... Depuis, les équipes basées à Saint- Etienne, Bourges, Le Puy et Nevers ont été regroupées en une seule, à Orléans, pour surveiller le fleuve depuis sa source jusqu'à Langeais. «Disposer d'une seule équipe permet un réajustement permanent des prévisions», souligne son responsable, «assez satisfait» par ce baptême du feu. En revanche, il reste d'après David Goutx à mieux faire connaître le site Internet “Vigicrues”, lui aussi né en 2005 et qui permet au grand public de suivre l'évolution de la crue aussi directement que l'étaient jusqu'alors les mairies. Car «plus les riverains seront vite informés et plus ils pourront réagir vite», si jamais la montée du fleuve les menace. La seule victime de la crue aura finalement été l’Inexplosible qui en raison de la montée des eaux, a été fermé au public et amarré loin de son ponton.

www.vigicrues.ecologie.gouv.fr

Le plan d'évacuation de l'agglo bientôt prêt

On était bien loin, le 7 novembre, d'une hauteur d'eau justifiant l'évacuation des communes de l'agglomération d'Orléans situées au Sud de la Loire. Pour cela, il aurait fallu «une cote minimale de 4m60 au Pont royal», précise t-on au service départemental de la Protection civile. Ce niveau a été atteint pour la dernière fois en octobre 1907, lorsque la Loire était montée jusqu'à 5m25. Mais depuis, l'urbanisation a considérablement accru les conséquences potentielles d'une pareille inondation. À titre d'exemple, le total de population de St-Denis-en-Val, St-Jean-le-Blanc et Olivet (36 150 habitants environ) est le triple d'il y a 40 ans ! Les services de l'Etat travaillent donc depuis un an et demi à planifier l'évacuation et l'hébergement du val d'Orléans en cas de crue centenale. Attendu pour le premier trimestre 2009, le document final prévoit d'ores et déjà deux zones de regroupement vers lesquelles les populations sinistrées seraient acheminées par autobus. À savoir le campus universitaire de La Source et le quartier Valmy à Olivet, où est habituellement basé le 6-12e Régiment de cuirassiers. C'est là que les évacués sont prévus pour être recensés et regroupés par familles, avant de gagner leurs lieux provisoires d'hebergement.

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