| Travailleurs handicapés : 60% des entreprises jouent le jeu |
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| Écrit par Charles Centofanti | |||||||
| 19-11-2009 | |||||||
Selon Raynal Merlin, coordonateur de
Cap Emploi Loiret, 60% des entreprises
du département respectent
leurs obligations et parmi les 40% qui ne respectent
pas, 41% restent à zéro «soit environ
une centaine d’entreprises, c’est peu». Ainsi,
globalement, le dispositif fonctionne et les
entreprises de plus de 20 salariés satisfont
le quota légal qui leur impose, avec la loi
Handicap de 2005, d’employer au moins 6%
de salariés handicapés dans leurs effectifs.
Pour aller plus loin, «sachant que ce n'est
pas évident mais que la sous-traitance et
l'accueil de stagiaires comptent», souligne
Raynal Merlin, l’Association de Gestion du
Fonds pour l'Insertion professionnelle des
Personnes Handicapées (AGEFIPH) mobilise
les entreprises et ses partenaires, depuis
lundi et jusqu’à dimanche 22 novembre,
dans le cadre de la semaine de l’emploi des
handicapés.
Bonne nouvelle : «Face à la crise, le nombre
de demandeurs d’emploi handicapés a été
préservé, l’augmentation est de 10% sur un
an contre 30% pour l’ensemble des demandeurs
d’emploi», indique Sylviane Sechaud,
déléguée régionale de l’Agefiph.
Les travailleurs
handicapés représentent 8% des demandeurs
d’emploi en région Centre à la fin
juin 2009, soit 8 261 personnes dont 1 900
dans le Loiret. Du côté des entreprises, dans
la région Centre, 2 057 payent une contribution
– pour ne pas dire une amende – à
l’Agefiph lorsque les 6% ne sont pas respectés.
Un nombre en diminution de 7% entre
2008 et 2009, signe que les mentalités changent
mais, aussi, que le non respect de la loi
pèse financièrement sur les entreprises.
«Nous ne sommes pas dupes, la contribution
Agefiph fait partie des lignes de trésorerie
où l’entreprise peut gagner de l’argent ou
ne pas en dépenser», explique Raynal
Merlin, sachant que la première année, l’entreprise
qui recrute un travailleur handicapé
bénéficie des mêmes avantages qu’avec un
contrat aidé. A l’inverse, ne pas respecter le
quota légal coûte cher : entre 500 et 600 fois
le SMIC horaire par unité manquante (soit
environ 4000€ par personnel), jusqu’à 1500
fois le SMIC horaire (13 000€ environ) à partir
du 1er janvier 2010. Ainsi en 2009,
l’Agefiph a collecté 558,5 millions d’euros en
France et 17,1 millions d’euros dans la région
Centre (- 5% par rapport à 2008).
«Une
grande entreprise peut aller jusqu’à payer
100 000€ !», témoigne Sylviane Sechaud.
«Mais ce n’est pas toujours facile, certaines
entreprises n’ont pas la capacité d’embaucher
des travailleurs handicapés.» Le principal
frein au recrutement, hormis l’âge car
39% des travailleurs handicapés ont plus de
50 ans dans le Loiret, reste celui de la qualification
: «83% du public handicapé demandeur
d’emploi possède un niveau 5, soit un
niveau CAP ou inférieur», précise Raynal
Merlin. «Il n’y a pas ou très peu de bac +3
+4 ou +5», confirme Sylviane Sechaud.
Les entreprises qui jouent le jeu sont, le plus
souvent, très satisfaites. Ainsi à Orléans, la
société de gardiennage Sécuritas fait partie
des bons élèves avec 11% de travailleurs
handicapés parmi ses 270 salariés. Une
démarche sociale, mais pas seulement : «en
2007, nous avons beaucoup misé sur les travailleurs
handicapés, mais pas en chaise
roulante car ne n'est pas possible, pour éviter
le turn-over de la profession. Il y a toujours,
au départ, la peur du handicap mais
j’ai de très bons éléments dans mon équipe
et souvent ils sont irréprochables en termes
d’assiduité», témoigne Philippe Feutry,
directeur exploitation. Autre avantage non
négligeable : l’entreprise perçoit entre 1600€
et 7600€, selon le parcours du salarié handicapé,
lors de l’embauche en CDI, après
expiration de la période d’essai, au titre des
primes à l’insertion. Chez IBM, le taux d’emploi
des travailleurs handicapés se situe à
3,41%, soit «environ 300 salariés en
France», indique Florence Alperine, responsable
de la mission handicap. A Orléans, le
taux est même «d’un peu plus de 4%»,
indique Marc Dumas, responsable des relations
sociales. La barre des 6% n’est pas
atteinte, le principal frein étant que 90% des
salariés de l'entreprise sont des cadres, mais
IBM est néanmoins exonéré de taxe pour
s’être engagé dans un accord d’entreprises
au bénéfice des travailleurs handicapés.
Entre autres actions, IBM est membre
fondateur du 1er site Internet dédié, depuis
2005, au handicap (hanploi.com).
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