
Boostée par les primes de l’Etat, l’année
2009 a été bonne pour les concessionnaires du Loiret. Depuis janvier, les prises de commande ralentissent, mais les promotions résistent.
Malgré une année noire pour l’industrie automobile, dont les pertes ont explosé, l’année 2009 restera bonne pour les concessionnaires automobiles : les immatriculations de voitures neuves ont progressé de 11,98% sur un an, en 2009 dans le Loiret, de 10,65% au niveau national, selon le Conseil national des professionnels de l’automobile (CNPA). En janvier et février 2010, le ralentissement est néanmoins sensible. Le nombre de nouvelles immatriculations n’a progressé que de 3,98% dans le Loiret, bénéficiant des derniers effets de la prime à la casse ramenée, pour les véhicules de plus de 10 ans, de 1000€ à 700€ depuis le 1er janvier. En attendant qu’elle ne tombe à 500€ pour les commandes passées à partir du 1er juillet prochain...
Plus ennuyeux : les prises de commandes fléchissent. «Elles sont en légère régression, de 10% en janvier et de 6,7% en février, mais nous restons dans le trend national», indique Michel Murat, directeur marketing chez
Renault à Orléans. L’impact est toutefois plus marqué chez Kia : «l’activité a chuté de 80% depuis le début de l’année», précise Laurent Trochet, chef des ventes à Orléans, sachant qu’au niveau du département les immatriculations de voitures Kia ont bondi de 77% en 2009, avec 220 nouveaux véhicules, et de 16% depuis le début de l’année.
En termes de parts de marché, comme au niveau national, Renault arrive en tête dans le Loiret en 2009 avec 23,38%. En revanche, entre la 2e et 3e place, l’ordre est inversé, puisque dans le département, Citroën
arrive second (16,41%), suivi par Peugeot (14,31%), puis Ford (6,82%).
Pour pallier le ralentissement des ventes, outre les bonus écologiques instaurés en fonction des émissions de CO2 des véhicules, les concessionnaires rivalisent de primes «maison», dans un contexte où le client reste roi. Michel Murat insiste : «nous compensons la baisse des primes à la casse en la maintenant à 1000€, au moins encore en mars, avec le soutien des constructeurs. Ensuite, chaque affaire est différente.» Chez
certains concessionnaires, des remises de 10% sur le prix affiché sont monnaie courante. Parfois même plus, sur certains
modèles. Et si l’acheteur est prêt à acheter immédiatement, il peut se voir offrir les frais d’immatriculation et de carte grise. Ainsi chez Kia, un monospace Carnival,
exposé dans le hall, fait actuellement l’objet de 33% de remise : «il est neuf mais arrive en fin de vie et fait l’objet d’un malus de 1600€, il n’empêche qu’au lieu de 33 000€ il part à 22 000€.» Concernant les marges, «il reste 3 à 4% du prix de vente à la concession», assure Laurent Trochet, «mais si l’objectif fixé par le constructeur est rempli à la fin de
l’année, cela passe à 5%». Albert Beaucousin,
président régional du CNPA évalue, lui, la marge moyenne à «10 à 12 points sur le prix hors taxe».
En 2010, Michel Murat, chez Renault,
estime que l’on peut imaginer «une année de promotions, ensuite nous nous adapterons et on continuera d’abonder pour arriver sur un marché un peu moins artificiel en 2011». «Nous risquons de vendre un peu moins cette année», nuance Albert Beaucousin, «mais
il n’y aura pas de compression de personnels. Il faudra en revanche s’adapter et diminuer les frais fixes». Selon lui, la crise est due au fait que le consommateur n’a pas le produit qui lui convient : «La voiture signe extérieur de richesse c’est terminé ! Aujourd’hui, le consommateur veut un produit qui l’accompagne, à un prix maximum de 18 000 / 20 000€.»
Et la voiture à 100% électrique ? «Je n’y crois pas !», témoigne-t-il, à la différence des
voitures hybrides, plus souples car associant un moteur thermique à un autre électrique, qui s’affichent comme nettement plus
prometteuses.
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