
L'immobilier d'entreprise sort d'une
année très morose, à l'image du marché
de l'habitat. BNP Paribas Real
Estate, spécialisé sur le tertiaire dans l'agglo
d'Orléans, enregistre une baisse de 20%, en
nombre de dossiers en 2009 par rapport à
2008, et de 40% en volume de m2 placés
(neuf et ancien confondus). L'agence indépendante
Arthur Lloyd, qui représente environ
90% du marché orléanais avec BNP
Paribas, a rencontré, à peu de choses près,
le même phénomène : «de nombreuses
affaires n'ont pas abouti en raison de problèmes
de financement, les dossiers sont
plus difficiles. Le délai de réalisation des
transactions s'allonge, de trois mois en
temps normal on peut maintenant passer à
cinq mois», commente Virginie Siriex,
gérante de l'agence Arthur Loyd.
Dans le détail, en 2008, l'agence BNP
Paribas avait commercialisé 34 000 m2 de
bureaux, contre seulement 22 000 m2 l'an
dernier et, en moyenne, 25 000m2. «Nous
retrouvons un niveau de transactions similaire
à celui de 2002-2003», commente Eric
Lecomte, directeur associé. «2009 reste
malgré tout une année dans la norme à
Orléans, avec un contexte financier perturbé,
sachant que 2008 a été une année exceptionnelle.
En Ile-de-France, la baisse (de
25%) a été plus violente, sinon c'est à peu
près similaire dans toutes les grandes métropoles.
» Avec la crise, Eric Lecomte
s'attendait d'ailleurs à une année beaucoup
plus difficile, «mais Orléans a toujours été un
marché sain et non spéculatif», indique-t-il.
En revanche, une ville comme Tours, plus
positionnée sur le tertiaire que sur l'industriel,
a beaucoup plus souffert en 2009 : «le mouvement
habituel oscille entre 30 000m2 et
40 000m2 chaque année, là il serait à
22 000m2 en volume placé.»
En ce qui concerne les locaux industriels, le
marché des entrepôts supérieurs à 500m2 a
souffert, à la différence des plus petites surfaces.
En logistique, l'offre de locaux vacants
a grossi face à une demande peu active :
«sous l'effet de la crise, les ménages
consomment moins et il n'y a pas eu de rechargement
des stocks et les entreprises ont
fait le choix de rationaliser», souligne Eric
Lecomte. Son agence a toutefois réalisé une
belle opération, au printemps 2009, avec
l'installation de la direction régionale de Pôle
Emploi sur 4000m2 dans l'immeuble Plaza,
sur l'îlot de la Râpe.
Les perspectives en 2010 ? «Le marché du
tertiaire semble bien démarrer même si nous
ressentons une légère baisse des nouvelles
demandes», estime Eric Lecompte, sachant
qu'il y a une pénurie d'offre de bureaux supérieurs
à 500m2 en centre-ville d'Orléans.
Le Molière, en face de l'îlot de la Râpe sera
le seul immeuble neuf livré cette année à
Orléans, hormis le programme prévu au
second semestre sur le parc d'activité du
Moulin. Il s'agit d'un immeuble aux normes
environnementales, sur cinq niveaux avec
terrasse accessible, trois niveaux de parking
et, sur chaque niveau, un plateau de bureau
divisible de 508 m2. Un candidat est déjà sur
les rangs pour une partie de l'immeuble livré
en juin 2010... «Les investissements sont
freinés mais on voit des entreprises qui font
de la croissance. Il faut être confiant, on a
d'ailleurs une demande qui se réveille !»,
confirme Virginie Siriex. Selon la spécialiste,
les clients analysent davantage leur transaction:
«le prix est devenu essentiel pour les
entreprises, ainsi que le coût des charges et
la proximité des transports et des restaurants.
»
Côté prix justement, les loyers restent relativement
stables. En centre-ville, entre 140 et
150€ le m2 (HT et hors charges par an) en
neuf, et en moyenne entre 110 et 120€
le m2 pour des locaux en seconde main. En
périphérie, les loyers se situent dans une
fourchette de 115 à 135€ en neuf, entre 90 et
110€ dans l'ancien. «En moyenne, le centreville
c'est 110€, 95€ la périphérie», résume
Eric Lecomte.
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