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Ça n'est déjà pas facile de faire respecter l'interdiction de fumer dans les cafés. L'administration devrait se montrer un peu plus compréhensive.» Le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie -Umih- du Loiret, Jean-Louis Jama, ne cache pas son exaspération. En cause : un courrier daté du 4 août, par lequel le secrétaire général de la préfecture a demandé à 40 cafés et restaurants d'Orléans de lui produire la preuve qu'ils ne génèrent aucune nuisance sonore susceptible d'importuner le voisinage.
Faute de quoi ceux diffusant des musiques amplifiées seraient autorisés à ouvrir jusqu'à 1h en période estivale, et non 2h. Forcément de quoi étonner les 40 établissements concernés, majoritairement situés dans l'hyper-centre. En avril, tous ont signé la charte dite “de bonne conduite” que la Ville d'Orléans et l'Umih du Loiret renouvellent chaque année depuis 2001. Ils s'y sont engagés, précise le document, à «mettre en oeuvre tous les moyens dont ils disposent pour respecter et faire respecter les différents textes réglementaires régissant leur activité.»
En particulier pour lutter contre les problèmes de tapage nocturne qui précisément, avaient conduit Serge Grouard et sa municipalité à initier ladite charte. Chaque année depuis, les signataires avaient droit en contrepartie à une dérogation préfectorale les autorisant à rester ouverts jusqu'à 2 h du matin au lieu d’1 h. Du moins durant la période estivale. Mais cette année et pour la première fois, le préfet n'a pas souhaité
co-signer la charte. Concernant les heures de fermeture tardive, celle-ci «ne fait que reprendre les dispositions de la réglementation en vigueur que les professionnels sont tenus de respecter», justifient en effet ses services. L'adjoint orléanais à la Sécurité, Florent Montillot, continue en revanche à voir un avantage dans la charte. «Contrairement aux lois, les établissements la signent et donc, s'engagent à la respecter.» La préfecture explique qu'elle a refusé de s'engager «par avance dans un régime dérogatoire automatique» en autorisant collectivement les cafés signataires de la charte à fermer plus tardivement. Mais la mairie d'Orléans et l'Umih ont opté pour le passage en force. Malgré l'absence de la griffe du préfet, leur charte continue de stipuler qu'«une dérogation préfectorale autorise les exploitants des établissements signataires à rester ouverts jusqu’à 2 heures du matin, au lieu de 1 heure.»Et cedu30maiau2novembre.«Cette heure supplémentaire, c'est une manière de récompenser les établissements signataires», argumente Florent Montillot en guise de justificatif. Reste que jeudi 4 septembre, la police nationale a fait fermer l'ensemble des cafés à 1h du matin. Faute en effet d'avoir attesté leur conformité vis à vis des normes de bruit, 30 des 40 établissements signataires n'ont pas encore obtenu l'arrêté préfectoral qui leur permettrait d'ouvrir une heure de plus. Autant d'arguties administratives et de quiproquos qui pour Jean-Louis Jama, aboutissent à une belle «cacophonie.» Et qui au final, ne sont guère de nature à dissiper l'image d'un centre-ville orléanais enclin à une certaine torpeur nocturne...
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