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Les défaillances d'entreprises progressent de 13% dans le Loiret Version imprimable Votre email
Écrit par Charles Centofanti   
26-11-2009
quelle-222.jpgAvec la crise, la santé des entreprises du Loiret a été mise à rude épreuve depuis le début de l'année. Un chiffre pour illustrer la tendance : au 31 octobre 2009, alors même que l'année n'est pas encore terminée, le nombre de procédures collectives – définies par la loi de sauvegarde des entreprises - a grimpé de 13% au greffe du tribunal de commerce d'Orléans par rapport à 2008. 12 procédures de sauvegardes, permettant au chef d'entreprise de se réorganiser pour éviter la cessation de paiements, 142 redressements judiciaires et 237 liquidations ont déjà été enregistrés en l'espace de dix mois. C'est plus que l'an passé où, au total, deux sauvegardes, 151 redressements et 195 liquidations ont été prononcés. Dans le détail, 536 commerçants et entreprises individuelles ont été radiés du registre du commerce (toujours au 31 octobre) contre 444 sur toute l'année 2008. Même s'il s'agit pour une part de départs à la retraite volontaires, cette donnée apparaît gonflée par les liquidations judiciaires.
 
Le greffe enregistre aussi 675 radiations pour des sociétés commerciales (de type SARL, SAS, SA...), contre 747 au 31 décembre 2008, et déjà 170 radiations de Sociétés civiles immobilières (SCI) à comparer avec 142 radiations l'an passé. Du côté des créations d'entreprises, 406 commerçants et entreprises individuelles se sont inscrits au registre du commerce, contre 447 sur toute l'année 2008. 1189 immatriculations de sociétés commerciales ont été comptabilisées, contre 1098 en 2008, 535 SCI contre 431 l'an dernier, ainsi que quatre groupement d'intérêt économique (GIE) contre un seul en 2008. La chambre des métiers et de l'artisanat (CMA) du Loiret continue de dénoncer les effets pervers du statut d'autoentrepreneur lancé début 2009. Elle note ainsi un recul de 37% du nombre d'artisans inscrits au registre des métiers, soit 528 au 31 octobre, contre 975 immatriculations en 2008. «C'est dû au statut d'autoentrepreneur, à ce leurre de la petite entreprise !», critique Yves Houth, directeur de la formation professionnelle à la CMA du Loiret. «C'est d'autant plus une coquille vide que seulement 40% des autoentrepreneurs ont déclaré un chiffre d'affaires !» Depuis l'application du nouveau statut, 298 autoentrepreneurs se sont inscrits auprès de la CMA, 287 auprès de l'Urssaf. Mais selon Yves Houth, les futurs entrepreneurs commencent à prendre conscience du risque : Ainsi, depuis novembre, le nombre de stagiaires désireux de devenir artisan, sans opter pour le statut d'autoentrepreneur, augmente... Après une chute de 34%, sur un an, au 31 octobre 2009. A noter toutefois que la CMA du Loiret ne dénombre que 483 radiations fin octobre 2009, contre 807 à la même époque l'an dernier. Mais Yves Houth tient à nuancer : «La réalité c'est qu'un certain nombre d'entrepreneurs veulent partir à la retraite mais ne trouvent pas de repreneurs alors ils prolongent leur activité au maximum.» Bernard Dubois, président de l'Union des entreprises du Loiret (UDEL), explique que la réduction d'activités, tous secteurs confondus, est jugulée. «Il y a même une légère reprise mais elle reste insuffisante pour que les entreprises en difficulté retrouve une santé immédiate. Il y a un temps de latence, pouvant aller jusqu'à six mois, entre le moment où les carnets de commandes se remplissent et le redémarrage réelle de l'activité. Dans beaucoup de secteurs, la baisse de commandes tourne autour de - 20% par rapport au début de l'année.»
 
Selon la lettre de conjoncture de novembre de la Banque de France, l'activité globale des industries de biens intermédiaires est restée à la hausse en octobre malgré le recul constaté sur un an. L'industrie automobile retrouve des couleurs : la demande globale a progressé et le recul de la production sur un an se résorbe doucement. Les industries de biens d'équipement poursuivent sur leur lancée ascendante de même que les industries des biens de consommation pour lesquelles «la demande globale a entraîné un accroissement de la production». L'industrie alimentaire se maintient à un niveau correct, tout comme l'activité dans les services marchands «seules deux branches ont enregistré une baisse : l'ingénierie technique et informatique et le conseil en publicité». Dans le bâtiment, la situation reste «paradoxale», indique Marc Jourden, secrétaire général de la Fédération française du bâtiment et des travaux publics du Loiret. «La commande est présente mais l'offre reste anormalement basse, les prix sont cassés de - 20% à - 50% parfois, nous en appelons à la conscience de certains maîtres d'ouvrage car les entreprises sérieuses sont entraînées dans cette spirale. Résultat : depuis août les radiations s'accélèrent (223 fin septembre) et on pense qu'elles vont s'accélérer en 2010 bien que l'activité reste satisfaisante grâce, notamment, au plan de relance.» De son côté, la chambre d’agriculture du Loiret craint une recrudescence de dossiers “Agridif” : «les choses se sont terriblement dégradées.»
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