| La forêt suscite l’appétit grandissant des investisseurs |
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| Écrit par Charles Centofanti | |||||||
| 30-06-2010 | |||||||
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Cela peut paraître étonnant mais la forêt ne connaît pas la crise ! Plus exactement, alors que le marché et le cours du bois «matière» ont connu un frein en 2009, la demande d’acquisition de forêt reste, elle, à un niveau très soutenu. «Le marché s’est replié de 20% en 2009 mais le paradoxe c’est que le nombre de personnes intéressées par la forêt redouble, notamment les gens qui sont sortis de la bourse et ont liquidé leurs avoirs», explique Eric Toppan, adjoint au directeur général, en charge des affaires économiques, au sein de la Fédération Nationale des Syndicats de Forestiers Privés. «Depuis plusieurs années, le marché se développe et il y a des acquisitions de terrains», commente Xavier Pesme, directeur du Centre régional de la propriété forestière (CRPF) d’Ile-de-France et du Centre. Signe de cet engouement, le prix moyen des forêts – qui représentent 30% du territoire français, 900 000 hectares en région Centre, 180 000 hectares dans le Loiret et qui sont à 74% privées – a continué d’augmenter malgré la crise, de +0,9% en 2009, contre +5% par an en moyenne et +60% - en euros constants - en dix ans. «En Sologne, les prix ont flambé !», confirme Denis Debenest, technicien auprès de la fédération des chasseurs du Loir-et- Cher. «C’est même complètement surcoté, sachant que ce sont des bois de trituration, acheté à 3€ le m3 pour faire de la pâte à papier. C’est vendre de la terre au prix de l’or !» Plusieurs raisons expliquent l’attrait des forêts. D’une part, elles ne sont pas soumises au yo-yo de la finance, d’autre part elles bénéficient d’incitations fiscales non négligeables... Les foyers soumis à l’Impôt sur la fortune (ISF) ne déclarent par exemple que le quart de la valeur de la forêt. De plus, dans le cadre d’un patrimoine privé, les acquisitions réalisées pour une durée d’au moins 15 ans, faisant l’objet d’un «plan simple de gestion »*, donnent droit à une réduction d’impôts dans la limite de 25 hectares. En revanche, les forêts sont soumises au risque climatique : «en 1999, avec la tempête, nous ne vendions plus les bois, ça coûtait trop cher», se souvient Stéphane Gayout, notaire à Vendôme (Loir-et-Cher). Qui sont les acheteurs ? A 85% des particuliers, selon Eric Toppan, «des professions libérales ou des quinquagénaires qui préparent leur retraite». Ce profil recherche essentiellement l’achat plaisir, des forêts de moins de 10 hectares, dont le prix moyen s’élève à 5400€ l’hectare. «S’il y a du bâti, des friches et des terres, on peut facilement dépasser les 10 000€», assure Valérie Diagne, chef de service du Loir-et-Cher à la SAFER du Centre, société anonyme spécialisée dans la vente de biens fonciers ruraux. En clair, pour la majorité ce ne serait pas un placement fiscal : «pour 20 000€ on peut avoir une forêt de 4 à 10 hectares selon le lieu, en gros cela permet d’obtenir une réduction d’impôts de 2000 à 3000€», précise Eric Toppan. Pour les 15% restant, il s’agit d’investisseurs faisant le pari du bois comme matériau de demain. Des sociétés et, aussi, des assujettis à l’ISF qui recherchent à acquérir des massifs forestiers de 50, voire parfois plus de 100 hectares. «Le problème c’est que parfois c’est juste pour défiscaliser et les forêts sont insuffisamment valorisées. Il n’est pas impossible qu’il y ait des incitations pour mieux gérer à l’avenir», note Xavier Pesme, directeur du CRPF du Centre. En Sologne, où les forêts ne sont exploitées qu’à 25%, les chasseurs sont les principaux acheteurs. «Il y a des gens qui achètent des forêts ruinées, c’est vraiment la valeur chasse qui fait le prix», souligne Denis Debenest. Valérie Diagne parle de tarifs «de loisirs». «Il s’agit surtout d’amoureux de la nature, de passionnés qui veulent joindre l’utile à l’agréable», insiste Stéphane Gayout qui a réalisé 10 transactions en 2010, dont huit agrandissements de parcelles existantes. Le marché des forêts reste toutefois un marché de niche, avec 10 000 hectares vendus chaque année en France. Les transactions de plus de 50 hectares se concentrent en région Centre et en Bourgogne, sachant que c’est en Sologne et dans le bassin méditerranéen que les prix culminent. «Il y a très peu de vendeurs et beaucoup plus d’acheteurs», résume Eric Toppan qui explique ce phénomène du fait que les propriétaires sont «très attachés à leurs forêts», pour des raisons plus sentimentales que pécuniaires.
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