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Duralex est pressée d'investir... et priée de se mettre aux normes Version imprimable Votre email
Écrit par Pierre Donard   
16-10-2008

«Je veux aller très vite pour réaliser les investissements.» Trois mois après que le Tribunal de commerce lui a confié la reprise de Duralex avec trois autres actionnaires, Antoine Ioannides n'attend qu'une chose : trouver un organisme pour contre-garantir l'emprunt bancaire qui lui permettra de financer la maintenance des chaînes de production. Et mettre le site de La Chapelle St-Mesmin en conformité avec les exigences de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement -Drire-. Il lui faudra respectivement apporter 4 et 2 millions d'euros pour ces deux opérations. Désormais P-DG de Duralex international, Antoine Ioannides assure que cet investissement sur quatre ans «a été présenté dans le cadre du plan de reprise» validé fin juillet. L'entreprise dispose d'un carnet de commande «qui nous permet de saturer ses cinq lignes de production», annonce-t-il. Sauf  qu'avant d'accepter de nouveaux contrats «il va nous falloir effectuer des opérations, pour éviter des ruptures de livraisons consécutives à des pannes.»

Sans quoi il sera impossible pour Duralex de reprendre des positions en Europe de l'Ouest et en Europe centrale, comme le souhaitent ses nouveaux actionnaires. Suite à souscription, le capital social de l'entreprise est passé début août de 3,6 à 5,2 millions d'euros, grâce à l'apport «d'un investisseur -libanais, Ndlr- qui est aussi un gros client», commente Antoine Ioannides. Lequel détient désormais 45% du capital, et non plus 70%. «Mais cela a permis de consolider l'affaire», en augmentant le fonds de roulement nécessaire au paiement des salaires et des fournisseurs, et aussi des matières premières qui manquaient pour relancer la production. Une pénurie héritée des deux douloureuses années que Duralex a vécues sous la coupe de Sinan Solmaz, et dont Antoine Ioannidès essuie aujourd'hui les plâtres. Y-compris pour appliquer au site de La Chapelle les normes dont la préfecture exige l'exécution depuis maintenant neuf mois. «Un arrêté de mise en demeure a été pris en ce sens le 18 janvier», expose un des ingénieurs en charge du dossier à la Drire. Il manque à Duralex une vanne qui en cas d'incident, puisse éviter toute pollution du réseau d'eaux pluviales. Le four dans lequel son ancien P-DG a investi près de 8 millions d'euros voilà un an «ne possède pas de système destiné à traiter ses rejets dans l'atmosphère, alors qu'il aurait dû être mis en place dès le départ», poursuit Georges Giraudet. Enfin, les deux  tours aéro-réfrigérantes chargées de refroidir ce même four «doivent elles aussi être mises en conformité avec la réglementation.» C'est d'ailleurs cette mesure que le nouveau P-DG de Duralex estime être «la plus urgente» des trois. Car pour la Drire, plus question de surseoir. «Antoine Ioannides est venu nous voir en septembre pour nous dire qu'il n'avait pas l'argent lui permettant de réaliser ces mises en conformité », rapporte son inspecteur cité plus haut. «Nous lui avons néanmoins indiqué qu'elles devaient être absolument exécutées et nous lui avons donné trois semaines pour nous proposer un échéancier en ce sens.» Malgré la frilosité actuelle des organismes financiers, «ma banque est prête à me suivre pour réaliser ces   investissements» assure de son côté Antoine Ioannides. Encore faut-il qu'un ou plusieurs organismes acceptent de se porter caution. «Le président du Conseil général me l'a proposé», indique l'homme d'affaires franco-britannique. Mais le Département, s'il confirme son accord, ne pourra contregarantir -au mieux- que la moitié de la somme empruntée. D'ores et déjà, Antoine Ioannides annonce qu'il doit «prochainement rencontrer» des responsables de l'établissement public d'aide aux PME Oseo, «pour qu'ils contre- garantissent la totalité du prêt.»

Les licenciements ont débuté
Le plan de reprise de Duralex adopté fin juillet prévoyait de conserver 200 emplois sur les 236 que comptait l'entreprise. Ce sont donc 36 salariés qui début octobre, ont commencé d'être licenciés pour motif économique. «Les derniers sont prévus pour partir début janvier», rapporte José Lopes, délégué du syndicat Force Ouvrière. Une cellule de reclassement a été mise en place dans le cadre de la procédure.

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