| Cilas, la PME championne des nanotechnologies en région Centre |
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| Écrit par Charles Centofanti | |||||||
| 05-11-2009 | |||||||
Est-ce qu'il est réaliste pour une PME de se
lancer sur le marché des nanotechnologies
en région ?
Est-ce qu’il est réaliste pour une PME de se
lancer dans l’aéronautique ? Il y a de la place
pour tout le monde ! La PME doit trouver la
bonne taille et la bonne technicité pour se faire
une niche dans le marché. Nous avons choisi le
seul marché incontournable : celui de la sécurité.
Tous les industriels sont obligés de déclarer s’ils
manipulent des nanoparticules, il faudra des outils
de certification pour répondre à ces préoccupations.
L’idée de Cilas c’est de se positionner
sur des techniques de métrologie et d’automatisation.
La vocation d’une PME ne peut pas être
de devenir le premier producteur mondial de
tubes de carbones, ça n’a pas de sens. Nous
pensons, en termes de timing, que la partie de
sécurisation de la phase de production est un
marché qui va naître très vite. On ne parle pas de
milliards d’euros pour une PME mais peut-être
de quelques dizaines de millions d’euros. Si on
arrive à sécuriser ces moyens de production, on
amènera une acceptabilité sociale. Aujourd’hui, il
y a une acceptabilité sociale du nucléaire en
France parce qu’on a réussi à avoir un niveau de
sécurité réel et ressenti. On a exactement le
même problème avec les nanotechnologies : ou
bien nous arrivons à sécuriser ou nous n’y arrivons
pas et le marché partira dans des pays
beaucoup moins regardants...
Quels sont les enjeux et les opportunités
pour la région ?
Cela dépend. Pour certains, c’est la finalité du produit,
pour d’autres ce sont les technologies qui
pourraient s’adapter à n’importe quoi. Si vous
arrivez à faire un revêtement qui n’a plus de frottement
intrinsèque, il n’y a plus besoin de roulements
à billes par exemple. Dans la cosmétique,
la finalité serait par exemple d’avoir une crème
avec telle ou telle texture, telle ou telle couleur. On
peut aussi imaginer une voiture sans essuie-glace
si le pare-brise intègre des nanos pigments. Cette
industrie améliorera les rendements. Dans la région,
il y aura trois sortes d’acteurs : ceux qui vont
utiliser les nanoparticules dans leurs produits
(la cosmétique, l’agroalimentaire, l’énergie…), il y
aura peut-être des gens qui seront des producteurs
de nanoparticules. Et nous, modestement,
nous voulons être dans le domaine de la mesure
et des moyens de contrôle.
Faut-il avoir peur des nanotechnologies ?
Personne ne sait si ce sera un problème de
santé publique. Chaque bouffée d’air ce sont des
millions de nanoparticules. La nature est nanostructurée.
Il y a deux paramètres : la petite taille
engendre une capacité à pénétrer loin dans
l’organisme et plus on diminue la taille, plus on
augmente la surface de contact avec le monde
extérieur et plus la réactivité chimique est
grande. L’archétype, dans le passé, a été
l’amiante. Elle peut pénétrer dans les poumons
et créer des problèmes. Il y a des nanoparticules
végétales et d’autres d’origine humaine. Il faut
qu’on contrôle cela pour des raisons industrielles,
de droit du travail et des raisons éthiques.
Les nanotechnologies donnent lieu à toutes
sortes de fantasmes. Quand arrive une nouvelle
science aujourd’hui, elle porte potentiellement un
risque. Les antennes radios sont le parfait
exemple. Avec les «nanos», comme la peur est
au début, c’est de notre responsabilité d’y répondre
sans tarder.
Est-ce que le marché est déjà très concurrentiel ?
Pas vraiment. C’est un marché qui cherche le
«comment faire». C’est au premier qui trouvera
la norme. Nous voulons être les inventeurs des
compteurs Geiger des nanoparticules.
Et c’est pour bientôt ?
Hier serait mieux que demain ! Pour dire les
choses, nous n’y sommes pas encore mais on
s’approche. Il y a un point commun entre le nucléaire
et les nanos, on ne les voit pas à l’oeil nu.
Il faut donc trouver un moyen de compter ces
nanoparticules, mais par type de matériau. Nous
avons une solution.
Cilas coordonne le projet européen Saphir,
de quoi s’agit-il ?
Saphir a été lancé fin 2006 avec une vingtaine
de partenaires. L’objectif c’est le développement
et la sécurisation de la production de
nanomatériaux innovants, issus d’une fabrication
originale. L’idée c’est de les réaliser avec des
moyens sécurisés, au nom du principe de précaution.
Il existe quatre grands secteurs d’application
: l’énergie (les piles à combustibles par
exemple), l’aéronautique (fabriquer des pièces
plus solides et plus robustes pour les réacteurs),
l’automobile (les nanomatériaux réduisent les
frottements et donc la consommation) et le bâtiment
(par le biais du traitement de l’air).
Les nanotechnologies sont-elles en adéquation
avec les objectifs du Grenelle de l’environnement ?
Nous étudions, dans le cadre du projet Saphir,
des solutions pour recycler les nanomatériaux.
Depuis le début nous avons pris en compte les
effets environnementaux, depuis la problématique
de la fabrication des particules elles
mêmes, en passant par leur utilisation et jusqu’à
leur recyclage. Je ne pense que les nanoparticules
seront présentes sur tout,
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