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Artisanat, industrie, services : les faillites ont doublé | Artisanat, industrie, services : les faillites ont doublé |
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| Écrit par Tribune Orléans | |||||||
| 28-01-2010 | |||||||
Les dirigeants des entreprises les plus
solides ont vu passer la tempête sans
trop de dégâts, d'autres n'y ont pas
résisté, d'autres encore en ont profité pour faire
le ménage. Bernard Dubois, président de
l’Union des entreprises du Loiret (UDEL), reste
mitigé. Sans faire mystère des difficultés rencontrées,
il en modère l'ampleur, observant
que «la crise n'a pas été aussi dure qu'on
aurait pu le craindre, les entreprises du Loiret
ayant plutôt bien résisté à ce que l'on
annonçait comme un tsunami économique».
Les chiffres, quoique non exhaustifs encore,
montrent que le nombre de faillites (voir
graphique ci-contre) est environ égal au double
de ce qu'il est par temps calme.
«Le phénomène est donc bien réel, poursuit
Bernard Dubois, et aura été douloureux pour
tous ceux qui l'ont subi avec plus ou moins de
dégâts. Mais nous avons plutôt bien résisté».
La sous-traitance a le plus souffert, en particulier
dans le domaine de la mécanique.
L'automobile et quelques secteurs de l'industrie
lourde ont profité de la crise pour se repositionner
et opérer un certain nombre de «réajustements
» qu'ils souhaitaient faire depuis
longtemps. Certains allaient s'avérer
douloureux, notamment pour l'emploi. Les
licenciements en attente de longue date déjà,
se sont opérés ; certes au pire moment, mais
qui trouvaient là la meilleure légitimité. L'autre
correction attendue, celle du choix des fournisseurs
et de la sous-traitance. Si les PME et
PMI françaises avaient, jusque-là, continué de
bénéficier des commandes des grands donneurs
d'ordres, la crise leur aura donné le coup
de grâce. C'était dans l'air en 2008 et dans
bien des cas c'est devenu une réalité en 2009.
Les pièces mécaniques, l'électronique et la
main-d'oeuvre moins chères en Europe de
l'Est, en Inde et en Chine se sont imposées.
D'autres entreprises avaient, à contrario, lourdement
investi dans leur outil de production en
2007 et se sont retrouvées avec un point mort
trop élevé. Entre la période d'approvisionnement,
le délai de fabrication et les délais de
paiement, il leur aura fallu près de six mois
pour voir rentrer l'argent. Faut-il alors blâmer
les chefs d'entreprises d'avoir succombé à la
tentation du low-cost ou faut-il les féliciter
d'avoir su maintenir une part d'activité et donc
d'emploi ? Cruel dilemme que les dirigeants
ont résolu en parant au plus urgent : garder la
tête hors de l'eau.
L'artisanat n'est pas beaucoup plus optimiste.
La création d'entreprises est en berne
avec une baisse de 27% par rapport à 2008.
Quant au nombre de défaillances, il a été multiplié
par deux en 2009. Et pourtant, les chiffres
de fin 2009 montraient un artisanat encore
combatif et qui embauchait. «Les entreprises
qui ont le plus souffert, sont sans surprise les
plus jeunes», confie le président de la CMA du
Loiret, Gérard Morin, en précisant que ce sont
celles issues du bâtiment, de la production
(-11%) et des services (-4,5%) qui ont le plus
souffert. Ce constat est corroboré par les
chiffres du tribunal de commerce. Procédures
de redressement judiciaire : 142 en 2009 contre
121 en 2008 (+ 17%). Procédures de liquidation
immédiate : 239 en 2009 contre 160 en
2008 (+49%). Les conséquences en terme
d'emploi sont immédiates : le climat d’inquiétude
suscité par le contexte de crise s’est
traduit par un recours beaucoup plus importants
au CDD qui représente désormais 50 %
des embauches contre 39 % en 2008.
Le bâtiment a aussi souffert, en particulier le
secteur du neuf, mais aura bénéficié du soutien
de l'Etat avec les effets du plan de relance.
«Les collectivités locales ont globalement bien
joué cette carte, confie Marc Jourdren, secré
taire départemental de la FFB du Loiret, ce qui
permet à nos adhérents de ressentir un tassement
modéré de l'activité, environ de 7% sur
l'année 2009. Le nombre de défaillances est
même en diminution grâce à l'accompagnement
qu'a proposé la fédération». Selon la
chambre de l'artisanat, ce sont les maçons qui
font face à la baisse d’activité la plus importante
au contraire des électriciens qui enregistrent
un recul plus faible de leur activité
qu’au dernier trimestre 2009.
Pour faire face, certaines entreprises du bâtiment
ont accepté de travailler à des tarifs parfois
inférieurs au prix coûtant. Si cette politique
leur a un temps permis de continuer à travailler,
elle les met en difficulté en ce début
d'année, par la faute d'une trésorerie défaillante.
Cela aura également eu des répercutions
néfastes sur la concurrence qui a vu les
prix du marché chuter. «Il faudra attendre le
second semestre 2010 pour juger des véritables
effets de la crise, poursuit Marc Jourdren.
D'autant qu'en 2009 ont été initialisés des dispositifs
qui pourraient avoir des effets positifs
à long terme, comme la loi Scellier ou l'Eco
prêt à taux zéro».
Un autre plan de relance, très prometteur lui
aussi, est celui conclu entre la FFB et le
groupe bancaire Dexia sous le nom “Bâtir
2008–2011”. Ce partenariat permettra d'investir
3 milliards d’euros sur trois ans, dans le
cadre du Grenelle de l'environnement, dans la
construction de l'immobilier local, de la rénovation
thermique et de la performance énergétique.
Le bâtiment a donc encore de beaux
jours devant lui pour autant que les chefs
d'entreprises sachent saisir les opportunités
dans les secteurs de croissance comme la
domotique, les énergies renouvelables et les
constructions à énergie positive.
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