
Tous les secteurs de l'industrie régionale ont vu la baisse de leur production ralentir en 2009 et, depuis septembre,
les mises en production progressent. «Nous sommes dans une phase de reprise lente et sinueuse», nuance
Philippe Guislin, directeur régionale de la Banque de France. Les prévisions des industriels restent très prudentes
pour 2010, avec une réduction persistante des investissements. «La courbe des stocks a croisé celle des
carnets de commandes, rebondir est possible mais il faudrait que la demande se manifeste !» État des lieux des
principaux secteurs.
• Automobile.
Le secteur de la sous-traitance automobile,
qui pèse 5,5% de l'industrie régionale,
soit 200 entreprises et 40 000
salariés, a été le plus touché par la crise
en 2009. «Il y a eu de très fortes baisses
d'activité avec des pics à -40% et -50%
par rapport à 2008 au 1er semestre»,
confirme Stéphane Chaligné, secrétaire
général de l'Union des industries et des
métiers de la métallurgie (UIMM) Loiret.
Au dernier trimestre, les volumes ont
néanmoins progressé, soutenus par la
prime à la casse. «Si on se projette, le
point d'interrogation se situe au 2e trimestre
2010 car il y a un décalage entre
la baisse de la prime à la casse (ndlr : ramenée
de 1000€ à 700€ en janvier 2010
pour le remplacement des véhicules de
plus de 10 ans) et les livraisons. On reste
dans un pilotage à la semaine !»
Selon la dernière enquête de la Banque
de France (1), le secteur connaîtrait
toutefois une augmentation de 6,3%
de son chiffre d'affaires en 2010. Côté
investissements, l'effondrement s'élève
à -20,7% entre 2008 et 2009. Le redémarrage
n'est pas d'actualité: les prévisions
tablent sur un recul de -12,1%
en 2010.
• Aéronautique.
La filière représente 200 entreprises et
16 000 emplois dans la Région. Là aussi
les baisses d'activité ont été importantes
en 2009, «de -20% à -30% pour les entreprises
exclusivement axées sur l'aéronautique
», indique Stéphane Chaligné,
avec un fort décalage entre l'annonce des
prises de commandes et la traduction
concrète sur le terrain. «Ça ne redécolle
pas !», précise le porte-parole de l'UIMM.
• Agroalimentaire.
Après une année 2008 faste, les chiffres
d’affaires de la filière (400 entreprises en
région, 17 000 salariés) ont, eux aussi,
baissé de 5,2% «malgré le bon comportement
de l’industrie des viandes», note la
BF. «2009 a été une année difficile, compliquée
par les fluctuation du prix des matières
premières et la baisse du pouvoir
d'achat», confirme Philippe Villevalois,
animateur de l’Association régionale des
industries alimentaires du Centre
(ARIAC). Arnaud Rochard, DG de Mc Key
(170 millions de CA en 2009) à Fleury-les-
Aubrais, fournisseur des steaks hachés
de McDo, reconnaît que l'année dernière
a été compliquée malgré un volume en
progression de 2%. Néanmoins, alors que
les investissements ont reculé de 25,7%
dans le secteur, Mc Key a investi plus
d'1,5 million d'euros dans une ligne de
production supplémentaire.
• Pharmacie.
Si le ralentissement s'est poursuivi dans
le secteur des biens de consommation
(-6,7% de CA et -6,9% d'exportations en
2009), la pharmacie reste un secteur
dynamique, tout comme la cosmétique.
Ainsi la Pharma Valley, qui regroupe 63
laboratoires pharmaceutiques et quelque
30 000 emplois sur les régions Centre et
Haute-Normandie, a continué à investir
malgré un contexte de rationalisation des
coûts : «Les investissements depuis
moins de 5 ans et en cours représentent
550 millions d'euros en région Centre»,
souligne Paul Bridier, chef de projet
Pharma Valley. «La pharmacie est un
secteur qui investit malgré la crise car il
faut faire face à des mutations structurelles,
liées à l'arrivée de nouveaux médicaments
et de nouveaux concurrents.»
• Imprimerie.
Cadences ralenties et concurrence exacerbée
: 2009 restera une année noire
pour le secteur (6000 salariés dans la
région), sachant que 2008 était déjà une
année à oublier. «Nous subissons les difficultés
de nos clients, le manque de communication
», explique Daniel Nadeau,
représentant du Groupement régional
administratif des imprimeurs du Centre
(GRAIC), soit une soixantaine d'imprimeurs.
Les entreprises de moins de 50
salariés ont mieux résisté, avec des
baisse d'activité de – 5 à – 10%, tandis
que celles de plus de 50 salariés ont
enregistré un recul de – 20 à -25%.
Parallèlement, les investissements ont
connu un coup de frein. Un rebond est
toutefois attendu à court terme : «on a
touché le fond, certaines commandes
repartiront automatiquement.»
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