
L’Entente Orléanaise
a décroché le 1er titre de son
histoire, dimanche 16 mai à Bercy,
en battant Gravelines (73-69) en
finale de la coupe de France. Un
trophée au goût de revanche qui
met fin à une série de trois finales
perdues (1) dans l’élite. Retour sur
un succès mérité, avec Christophe
Dupont, président du club.
Christophe Dupont, vous avez pris vos
fonctions le 1er avril 2009 et un an après
le club décroche le titre tant attendu...
Le président est magique ?
Non (rires), je crois qu’il n’y a pas de magie
pour expliquer ce résultat, mais plutôt de la
détermination, du travail, de l’exigence... Et une
pointe de rêve aussi, pour que tout le reste
suive.
Quels sentiments dominent au
lendemain de cette finale gagnée ?
Je ressens une grande fierté de ramener cette
coupe de France à Orléans, d’autant plus que
c’est la première fois que ça se passe. C’est un
moment historique mais si c’est le premier
titre, ce n’est pas le dernier !
Dans le 3e quart temps de la finale (9-22
pour Gravelines), le public a retenu son
souffle. Que s’est-il passé ?
Il n’y a pas que le public qui a eu peur ! Tout le
monde nous disait qu’on était favori et qu’on
méritait ce titre. Les joueurs avaient donc
une pression plus importante que Gravelines.
Dans ces moments là, il y a toujours la crainte
que les vieux démons resurgissent. Mais les
joueurs sont restés solidaires, c’est la force des
champions de savoir surmonter les périodes
difficiles. Laurent Sciarra (MVP du match) a été
le catalyseur de la révolte.
Justement, est-ce qu’il n’y a pas de regret
de voir le capitaine quitter le club à la fin
de la saison ?
Non ce n’est pas du regret, il n’y a aucun regret
dans son passage, juste de la satisfaction. Mais il
y aura de la tristesse... Il était venu pour deux
ans, c’est bien qu’il ait pris la décision de partir,
je sais qu’il a mûrement réfléchi ce choix. Ce
qui est sûr c’est que Laurent est un grand
compétiteur, il a l’expérience des titres et du
haut niveau. Sa mission était de faire grandir
le club : non seulement l’équipe est la plus
régulière en France depuis 15 mois mais en
plus elle vient de décrocher un titre.
Meneur de jeu, il était surtout un capitaine
charismatique, vous ne craignez pas qu’il
soit difficile à remplacer ?
La réussite c’est un club et pas une seule
personne. Il le sait, de même que Philippe
Hervé, l’entraîneur, le sait. Nous avons toujours
connu des périodes compliquées après des
victoires ou des paliers franchis mais le club
continue malgré tout de progresser. Je n’ai pas
d’inquiétude pour la suite !
Faut-il désormais s’attendre à un titre de
champion de France de Pro A dès cette
année ?
Dès cette année, sûrement pas, mais un jour
j’espère ! Nous abordons les play-off de
manière compliquée. Comme nous sommes 6e,
nous n’avons pas l’avantage du terrain, ce qui
signifie qu’il n’y aura pas de «belle» chez nous.
Décrocher la coupe de France signifie
une qualification pour l’EuroCup l’an
prochain, est-ce important ?
Oui, d’autant plus que c’est une compétition qui
nous convient bien. Cette saison en Euroligue,
même si nous n’avons pas été ridicules, nous
étions le petit poucet avec des difficultés par
rapport au niveau de jeu en général. Il faut
encore que le club grandisse. En revanche,
l’EuroCup est plus à notre portée et à notre
niveau.
Est-ce que le titre modifie la physionomie
de l’équipe la saison prochaine ?
Le budget 2010-2011 (4,8 millions tel qu’il a été
présenté lundi 17 mai à la Direction Nationale
de Conseil et de Contrôle de Gestion) a été
bâti sur la base d’une participation en EuroCup,
donc nous ne changeons rien. Pour le reste et
le nombre de joueurs, ce sera à Philippe Hervé
de composer la meilleure équipe possible. Ce
qui est sûr : Ludo, Adrien et Aldo, trois joueurs
formés localement, sont encore en contrat,
sachant que nous avons désormais l’obligation
que l’équipe soit composée de 50% de joueurs
formés localement.
Vous êtes-vous mis «sur le toit» pour
fêter la victoire, selon l’expression de
Laurent Sciarra ?
(Rires) Je ne sais pas s’ils se sont mis sur le toit
mais ils ont dû faire la fête. C’est important de
savourer et de décompresser avant d’aborder
les play off !
(1) Finale du championnat de Pro A en 2009,
Semaine des As 2009 et 2010.
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